Des étudiants de l’Université Concordia ont lancé, le 15 août dernier, une fusée vers l’espace. Ceux-ci ont choisi Mistissini comme site de lancement pour leur projet étudiant, qui marquera l’Histoire aérospatiale canadienne.
Après deux tentatives de lancement annulées en raison de la météo, c’est finalement le vendredi 15 août, à 5h34 du matin, que la fusée, mesurant 42 pieds baptisée Starsailor, conçue de toute pièce par des étudiants de l’Université Concordia, a pris son envol en direction de l’espace. Leur objectif : atteindre la ligne de Kàrmàn, située à 100 km d’altitude. Cette démarcation est considérée comme la séparation entre l’atmosphère terrestre et l’espace. Cependant, l’engin n’a pas réussi à atteindre son objectif, car la fusée s’est séparée plus tôt que prévu. «Ça a peut-être duré 20 secondes à la place de 30», explique Alice Langlais, étudiante à Concordia. «On n’avait pas l’équipement nécessaire pour tester la structure au complet [au préalable]». «Malgré ça, l’équipe est super contente de l’expérience».
Pour être en mesure d’évaluer ce qui s’est passé, les débris de celle-ci devront être récupérés et analysés. Cette récupération se fera au cours des prochains jours, à l’aide d’hélicoptères. Les données de trajectoire de l’engin devront aussi être vérifiées.
Dénouement d’un vaste projet
Les étudiants de l’Université Concordia travaillent d’arrache-pied sur le projet Starsailor depuis 2018. Au total, ce sont plus de 700 membres qui ont contribué à l’aventure. Initialement construite pour un concours scientifique annulé en raison de la pandémie, l’équipe d’étudiants a poursuivi son objectif jusqu’au bout. Ils ont lancé la première fusée partant du Canada au 21e siècle et la première à décoller en sol québécois. Il s’agit aussi de la première fusée à carburant liquide à être lancée par des étudiants. «Ça reste quelque chose qu’on qualifie de réussite», conclut Alice Langlais.
Article rédigé par Olivier Hébert


