Un Chibougamois développe une technologie pour réduire l’empreinte environnementale des minières

Michael Simard, un Chibougamois d’origine, à la tête de l’entreprise ARLYX Technologies, déploie une solution autonome entièrement électrique destinée au transport de consommables en mines souterraines. (Photo courtoisie)

L’une des solutions sera bientôt utilisée dans l’industrie minière soit celle de l’entreprise ARLYX Technologies, fondée par un Chibougamois d’origine, Michael Simard, qui vise une approche technologique entièrement électrique afin de réduire l’empreinte environnementale des opérations minières souterraines.

Sa solution autonome de transport de consommables vise à diminuer la dépendance au diésel, un enjeu majeur dans un secteur confronté aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les galeries souterraines.

Conçue pour évoluer dans des environnements miniers complexes, la technologie développée par ARLYX combine un véhicule utilitaire capable de transporter jusqu’à 5 000 kilogrammes et un module robotisé nommé AutoLatch. L’ensemble prend en charge, sans intervention humaine directe, le chargement et le déchargement de divers consommables essentiels aux activités minières, notamment les boulons d’ancrage, les conduites, les matériaux de soutènement et le béton.

Dans un contexte où l’industrie cherche à réduire son empreinte carbone tout en améliorant sa productivité, cette innovation québécoise propose une alternative à la logistique conventionnelle alimentée au diésel. L’objectif poursuivi consiste à rendre les déplacements de matériel davantage efficaces, plus sécuritaires et moins énergivores, particulièrement dans des environnements souterrains où ventilation, transport et entretien représentent des défis constants.

Une réponse québécoise à des enjeux mondiaux

Originaire de Chibougamau, Michael Simard a développé un intérêt pour les technologies capables d’opérer dans des milieux complexes et difficiles d’accès. Il a travaillé au sein de MDA Space et de l’Agence spatiale canadienne, où il a travaillé sur des systèmes destinés à des environnements technologiques exigeants.

En 2023, il fonde ARLYX à Québec avec l’objectif de répondre à plusieurs défis simultanément : électrification des équipements, automatisation des opérations, réduction des risques pour les travailleurs et amélioration de l’efficacité opérationnelle. « Nous sommes partis d’une feuille blanche il y a deux ans pour finalement concevoir cet équipement », explique Michaël Simard, fondateur et PDG d’ARLYX Technologies.

Miser sur une énergie plus propre

Le système, entièrement électrique, pourrait produire jusqu’à 50 fois moins d’émissions de gaz à effet de serre qu’un véhicule diésel comparable. Une réduction qui intéresse l’industrie minière alors que le secteur cherche à réduire ses impacts environnementaux sans compromettre sa capacité de production.

L’utilisation de l’électricité permettrait aussi de limiter certains couts d’exploitation. « Avec le prix du diésel en hausse, les mines ne pensent pas à l’électrique juste pour son côté vert, mais aussi pour les dollars épargnés à la fin de l’année », explique Michaël Simard.

Dans les galeries souterraines, la diminution des moteurs diésel pourrait également contribuer à améliorer la qualité de l’air et à réduire les besoins énergétiques associés à la ventilation, un poste de dépense considérable dans plusieurs mines profondes.

Sur le plan mécanique, la motorisation électrique simplifie l’entretien des équipements grâce à un nombre réduit de composantes mobiles.

Automatiser pour limiter les risques

À mesure que les sites miniers s’enfoncent plus profondément, les conditions d’exploitation gagnent en complexité. Circulation de machinerie lourde, poussières, bruit, vibrations et espaces restreints figurent parmi les réalités quotidiennes du travail sous terre.

En automatisant certaines tâches de transport, ARLYX souhaite réduire l’exposition des travailleurs à ces risques opérationnels tout en permettant une meilleure planification des déplacements de matériel.

Un seul téléopérateur pourrait superviser simultanément jusqu’à dix véhicules autonomes. Une avenue qui pourrait aussi contribuer à atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée qui touche plusieurs régions minières.

Des gains de productivité envisagés

L’entreprise est d’avis qu’une flotte autonome et électrique pourrait générer jusqu’à 27 millions de dollars annuellement en économies d’exploitation et en gains de productivité pour un site minier de grande envergure.

L’entreprise a dévoilé sa technologie en avant-première dans le cadre du congrès Mining Transformed 2026, tenu à Sudbury du 25 au 27 mai. ARLYX prévoit également participer au Canadian Mining Expo 2026, à Timmins les 10 et 11 juin, avant de prendre part au forum GMG, de retour à Sudbury les 16 et 17 juin.

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