Après être passés par les tomates, puis les fraises, les Serres de Chapais sont présentement à l’arrêt. La ville de Chapais et le gouvernement du Québec semblent maintenant travailler de plus belle en vue d’une relance.
Discussions avec le provincial
Lors d’une récente mission stratégique à Québec, le maire de Chapais, Jacques Fortin, a rencontré plusieurs ministres, dont Donald Martel, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Le but premier de ces échanges : trouver une solution pour relancer les Serres de Chapais, qui appartiennent toujours à l’entreprise Nexolia, propriété de la femme d’affaires Vicky Lavoie.
En entrevue, le ministre Martel a été très clair sur les intentions de l’État dans ce dossier : « L’objectif ça serait de trouver un promoteur […] le gouvernement du Québec, c’est pas un promoteur. » Il a toutefois assuré le soutien de son gouvernement : « On peut soutenir et on va leur fournir. […] On leur a indiqué qu’on était intéressé à fournir des sous peut-être pour qu’ils puissent engager quelqu’un pour faire du démarchage, du développement économique. » L’embauche de cet agent de développement est d’ailleurs vue comme un atout incontournable par le maire de Chapais.
De son côté, Jacques Fortin s’est réjoui de cette ouverture du gouvernement provincial : « Avec la réception qu’on a eue à Québec, je crois que c’est très positif ». La Ville de Chapais travaille déjà activement à monter un projet d’affaires avec la Société d’aide au développement des collectivités (SADC). De plus, des discussions prometteuses auront lieu dans les prochaines semaines avec les Premières Nations. « Au mois de mars, je vais rencontrer madame Irene Neeposh, [Cheffe] de Waswanipi. On va discuter du projet », a confié M. Fortin, ajoutant : « moi j’embarque n’importe quand avec les Premières Nations. Je pense que ça peut être gagnant pour tout le monde. »
Des débuts ambitieux et complexes
Les Serres de Chapais ne sont actuellement pas en activité. Afin de comprendre la situation, il faut remonter à l’origine de ce projet. Au printemps 2018, l’entreprise Nexolia a fait l’acquisition de la centrale de cogénération de Chapais. Afin de transférer un contrat de vente d’électricité qu’elle possédait déjà avec Hydro-Québec, l’entreprise devait trouver un deuxième usage à la chaleur générée par l’usine, d’où est né le projet de serres. À l’automne 2020, Nexolia annonce un partenariat avec la marque Savoura pour produire 1 800 tonnes de tomates par année. Cependant, en 2021, l’entreprise n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre dans la région. Pour pallier le manque de candidatures locales, Nexolia recrute des travailleurs étrangers du Mexique et fait même l’acquisition d’un robot cueilleur muni de caméras 3D.
Malgré les efforts, vers la fin de 2021, des rumeurs de fermeture commencent à circuler. La direction assure alors qu’il ne s’agit que d’un arrêt temporaire lié à la fin du cycle de vie des plants de tomates et à des ajustements d’infrastructures mineurs.
Néanmoins, la culture de tomates à grande échelle s’avère beaucoup plus difficile et complexe que prévu, affectant grandement la rentabilité de l’exercice. Face à ce constat et à la suite de négociations infructueuses avec de sérieux locataires potentiels, Nexolia opère un virage stratégique en octobre 2023 pour se consacrer à la culture des fraises. Ce choix se voulait judicieux puisque les fraises exigent un peu moins de personnel que les tomates. Cette transition s’est déroulée en parallèle de défis majeurs d’approvisionnement en bois pour l’usine Chapais Énergie, causés par les feux de forêt de 2023. En date d’aujourd’hui, les activités des serres de Chapais sont à l’arrêt, dans l’attente d’actions de la part des gouvernements municipaux et provinciaux.

