Cinq ans après la mise en place de mesures destinées à favoriser le rétablissement du cheptel d’orignaux, la Zone 17, en Jamésie, affiche des résultats qui dépassent les prévisions. Les inventaires aériens réalisés cet hiver font état d’une hausse de 95 % de la population, passée d’environ 1 100 à 2 050 bêtes. Cette progression, observée sur un immense territoire de forêt boréale, relance les discussions entourant une éventuelle réouverture graduelle de la chasse sportive.
Réalisé en février dernier, l’inventaire faunique visait à mesurer l’évolution de cette espèce emblématique des forêts boréales. Les résultats officiels, rendus publics le 17 juin, dépassent largement les prévisions établies par les spécialistes de la faune. L’information a notamment été confirmée par Guy Lafrenière, président du Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James (GREIBJ) et maire de Lebel-sur-Quévillon.
Depuis la saison 2022, les chasseurs non autochtones ne peuvent plus pratiquer la chasse à l’orignal dans la Zone 17. Québec avait alors imposé cette mesure à la suite d’un déclin marqué du cheptel observé lors des inventaires précédents. L’objectif consistait à favoriser le rétablissement de la population et à réduire la pression exercée sur l’espèce dans un environnement où les équilibres fauniques demeurent particulièrement sensibles. Durant cette période, seuls les prélèvements réalisés par les communautés autochtones dans le cadre de la chasse de subsistance ont continué.
Selon Guy Lafrenière, cette remontée spectaculaire découle d’un effort collectif de conservation et d’une gestion prudente de la ressource. « En plus des non-autochtones qui n’ont pas participé à la chasse à l’orignal depuis ce temps, les Autochtones ont également contribué à l’effort de protection. Sans cette collaboration, jamais on n’aurait atteint une augmentation de 95 % », soutient-il.
Les biologistes anticipaient pourtant une croissance beaucoup plus modeste. « Les prévisions tournaient autour de 45 %. De notre côté, nous considérions déjà qu’une hausse de 50 % aurait représenté un résultat exceptionnel », ajoute Guy Lafrenière.
Des étapes administratives à franchir
Malgré ces données favorables, un retour immédiat à la chasse demeure impossible. Plusieurs démarches réglementaires doivent d’abord suivre leur cours. « Pour permettre une réouverture de la chasse à l’orignal en 2027, le conseil des ministres doit approuver les modifications nécessaires avant le 15 février. Cette échéance ne peut pas être dépassée », explique-t-il.
Même dans l’éventualité d’une réouverture, le retour à la normale pourrait s’effectuer graduellement afin de préserver les gains réalisés au cours des dernières années.
« Il faut envisager une reprise progressive de la chasse pour les Jamésiens. Selon moi, une période d’un à trois ans pourrait s’écouler avant de retrouver une situation comparable à celle qui prévalait auparavant », précise Guy Lafrenière.
Un immense territoire sous surveillance
La Zone 17 couvre une vaste portion d’Eeyou Istchee Baie-James, au nord du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce territoire, composé principalement de forêts boréales, de milieux humides, de lacs et de rivières, constitue un habitat de grande importance pour l’orignal ainsi que pour plusieurs autres espèces fauniques.
Les restrictions actuellement en vigueur découlent à la fois des engagements liés à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et des préoccupations soulevées par l’état du cheptel au cours des dernières années.
« Plus précisément, le territoire concerné s’étend du nord de Lebel-sur-Quévillon jusqu’au nord de Chibougamau », ajoute-t-il.


