Un peu plus de deux ans après avoir été ravagé par un incendie majeur, l’ancien Hôtel Matagami, construit en 1964, se transforme officiellement en Hôtel Matag. Ce projet de reconstruction a été rendu possible grâce à un investissement privé de plus de 3 millions de dollars. Le sinistre, survenu dans la nuit du 6 janvier 2022, avait pratiquement détruit l’ensemble de l’édifice, y compris les 58 chambres de l’établissement original.
Le nouvel immeuble, reconstruit à partir de la structure restante, offre désormais 32 chambres entièrement neuves et modernisées. Selon les promoteurs, les nouvelles installations respectent les normes actuelles en matière de sécurité, de confort et d’efficacité énergétique. L’ouverture officielle de l’Hôtel Matag s’est faite il y a quelques semaines. Depuis cette date, l’établissement accueille une clientèle composée de travailleurs, de touristes ainsi que de membres des Premières Nations de passage dans la région.
Les évènements régionaux de retour
Le maire de Matagami, René Dubé, s’est exprimé à ce sujet à la suite de la dernière séance du conseil municipal. Il souligne l’importance de ce projet pour la communauté. Depuis la perte de l’ancien hôtel, la ville faisait face à un manque significatif de chambres d’hébergement. Cette situation limitait la capacité d’accueil de la municipalité, notamment pour les évènements régionaux, les réunions administratives et les séjours professionnels.
« Il manquait des unités pour répondre à la demande, autant pour les visiteurs de passage que pour les activités économiques liées aux projets industriel et forestier dans le secteur nordique », a précisé le maire. Il ajoute que l’absence de chambres avait un impact sur l’achalandage général dans la localité, notamment pour les entreprises locales et les services de restauration.
Le maire note également que la réouverture de l’hôtel permettra maintenant à Matagami d’accueillir à nouveau des évènements d’importance, tels que les rencontres du conseil d’administration de l’Administration régionale Baie-James (ARBJ). Il indique que les promoteurs ont procédé à une refonte complète de l’aménagement intérieur, retirant tout ce qui subsistait de l’ancienne structure afin de repartir sur des bases neuves. L’ensemble du projet aurait été réalisé selon une planification rigoureuse, permettant d’obtenir un résultat conforme aux attentes du marché actuel.
Un nouveau défi : la restauration
Toutefois, un défi demeure, selon l’élu : le volet de la restauration. « Il nous manque encore une offre de restauration à la hauteur du nouvel hébergement. C’est un aspect que nous souhaitons développer dans un avenir rapproché afin de bonifier l’expérience des visiteurs et de compléter l’offre hôtelière », a-t-il précisé. Il affirme que la relance de l’hôtel représente un développement important dans le cadre de son mandat, notamment en ce qui concerne l’attractivité de la ville.
« On a pris le temps de bien faire les choses » – Judy Boissonneault
Débutés à la fin de 2023, les travaux pour la construction de l’Hôtel Matag ont pris fin vers la mi-aout. Une période plus longue que prévue afin d’offrir à la clientèle un hôtel trente-deux chambres au gout du jour, confortables et sécuritaires.
Trois actionnaires forment le groupe propriétaire de l’établissement, soit Judy Boissonneault, son conjoint Evan Arsenault, entrepreneur maître-électricien, ainsi que Keven Jean.
« Le fait de bénéficier dans l’équipe d’un entrepreneur maître-électricien nous a permis de réduire considérablement nos couts, d’autant plus que nous avons eu des surprises, en cours de route », explique Judy Boissonneault.
Construit sur deux étages, à raison de 16 chambres par étape, le projet fut réalisé en plusieurs étapes, à partir des chambres qui ont été épargnées du feu de l’Hôtel Matagami, en janvier. 2022.
« Nous, on a racheté la partie de l’Hôtel Matagami qui n’avait pas été détruite par les flammes. Le projet a permis de restaurer 32 des 58 chambres et de bâtir une autre partie qui comprend la réception, une salle mécanique et électrique, la buanderie de type commerciale et une salle polyvalente qui pourra accueillir des groupes pour des conférences ou autres », ajoute-t-elle.
Lorsqu’on lui demande pour quelle raison on a décidé d’investir plus de 3 M$ dans ce projet, elle répond : « À Matagami, il y a d’autres hébergements. Par contre, le plus important était l’Hôtel Matagami, détruit par les flammes. Depuis cet évènement tragique, il manquait d’unités pour les visiteurs, les gens d’affaires, les membres des communautés autochtones et les groupes qui y séjournaient. »
« Sans oublier que tous les gens qui se rendent dans le Nord-du-Québec passent par Matagami, un endroit stratégique. Pour nous, il était évident que la municipalité avait un besoin criant d’unités de logement. D’autant plus que de plusieurs projets se retrouvent sur les tables à dessin des entrepreneurs. Il devenait hors de tout doute d’un endroit idéal pour réaliser ce projet. »
La « techno » au rendez-vous
Elle ajoute : « On est en 2025. Nous avons beaucoup misé sur tout ce qui est « techno ». Les bureaux et les tables de chevet sont équipés de port USB. Le radio-réveil comprend un hautparleur Bluetooth. Sans oublier les téléviseurs qui permettent d’accès à plusieurs plateformes. On peut même partager du contenu à partir de notre cellulaire. »
Du confort et du confort
Pour offrir davantage de confort, on a installé deux oreillers fermes et deux oreillers moelleux, dans chaque chambre. « On trouvait important que chaque personne retrouve son « kit » parfait. De plus, dans la salle de bain, on retrouve de grandes serviettes. On peut faire le tour de soi-même. Nous avons misé sur des aspects que l’on voit ailleurs et qu’il était possible d’adapter à notre hôtel pour se démarquer. »
De plus, les utilisateurs des chambres qui se retrouvent au rez-de-chaussée ont accès à une prise électrique pour leur véhicule. « À la Baie-James, il fait froid et on branche nos véhicules. Le client peut ainsi avoir la certitude, en ayant branché son automobile ou camion, de repartir le lendemain, sans problème. »
« Jusqu’à maintenant, on n’entend que des commentaires positifs sur l’Hôtel Matag. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’on revitalise autant ce bâtiment. Cet automne, nous allons ajouter le service du petit déjeuner et des distributrices », conclut Judy Boissonneault.
Mentionnons qu’une dizaine de personnes seront sur le livre de paie de l’établissement dont quelques-unes qui ont déjà travaillé pour l’Hôtel Matagami.


