Alors que le mois de février représente le mois de l’histoire des Noirs, Paul Dadie, président du CEPPIC, raconte son parcours en tant que nouvel arrivant dans la région et des embûches rencontrées par de nombreuses personnes.
Une terre d’accueil
Paul Dadie, président du Centre d’encadrement professionnel et de partage interculturel de Chibougamau-Chapais, le CEPPIC, est un fier Chibougamois depuis maintenant deux ans. Il mentionne avoir ressenti un accueil chaleureux lors de son arrivée dans la municipalité. Celui qui s’est installé à Québec lors de son arrivée initiale au pays a pris la décision de venir s’établir dans le nord pour une question d’emploi. Il explique qu’« à un moment donné à Québec ça commençait à être saturé : sur un emploi, il pouvait y avoir plusieurs candidatures et puis j’avais postulé ici, j’ai eu une entrevue et puis ensuite, je n’ai pas eu peur de venir parce que, pour moi, je pouvais aller partout dès l’instant où j’ai quitté mon pays ».
Problématiques régionales
Paul Dadie mentionne que malgré l’accueil chaleureux, les nouveaux arrivants à Chibougamau rencontrent d’importantes difficultés qui peuvent rendre l’arrivée plus difficile. Par exemple, il indique que la principale problématique rencontrée concerne la Société de l’assurance automobile du Québec. En effet, puisque le bureau de la SAAQ à Chibougamau est exploité par un mandataire, il n’est pas en mesure d’authentifier un permis de conduire émis à l’étranger, selon M. Dadie. Par le fait même, lorsqu’on se rend sur le site web de la SAAQ, il n’est pas possible de sélectionner le point de service de Chibougamau dans la liste. En fait, aucun point de service n’est disponible pour effectuer cette tâche dans le Nord-du-Québec. Lorsqu’on lui demande comment les nouveaux arrivants se rendent dans un point de service du Lac-Saint-Jean afin de faire reconnaître leur expérience de conduite alors qu’ils n’ont pas de permis de conduire, Paul Dadie répond avec humour qu’« on prend un ami, on lui donne de l’argent et puis on lui dit « accompagne-moi, je vais faire un tour et revenir ». »
Fin du PEQ
En entrevue, M. Dadie dénonce aussi la fin du Programme de l’expérience québécoise, programme dans lequel le gouvernement provincial a mis la hache en novembre dernier. « Vous êtes aujourd’hui ici avec des projets, vous êtes engagé, toute votre famille est là, vous n’avez plus rien [dans votre] pays parce que vous n’êtes plus lié au pays, vous êtes ici maintenant et on vient vous dire que […] vous n’avez plus la possibilité de déposer une demande [de Certificat de sélection du Québec]. […] ces gens-là aujourd’hui ils ont peur parce que quand ils reviennent du boulot, ils regardent dans leur boîte [aux lettres], et ne savent pas s’ils ont reçu un courrier leur disant de retourner dans leur pays », raconte avec émotion Paul Dadie. Il mentionne que le CEPPIC demande donc, à l’instar des élus municipaux, la mise en place d’une clause grand-père, permettant aux immigrants s’étant établis au Québec grâce au PEQ d’y demeurer, en fonction des normes qui étaient en place lors de leur arrivée.


