Le 10 mars dernier, date de son 60e anniversaire, Mario Asselin a mis fin à sa carrière comme directeur adjoint au Développement économique et à l’urbanisme à la Ville de Chibougamau.
Quelques jours plus tôt, le 28 février, il s’était rendu à Saint-Félicien afin de souligner le 84e anniversaire de son père, Jean-Paul Asselin. Un passage dans sa ville natale avant de tourner la page sur près de quatre décennies d’engagement professionnel.
À 23 ans, en 1989, il quittait Saint-Félicien pour accepter un premier mandat d’un an comme inspecteur en bâtiment à la Ville de Chibougamau, pour le compte de CEVIMEC, aujourd’hui connue sous le nom de CEVIMEC BTF. Le contrat, d’abord prévu pour douze mois, a connu deux renouvèlements. Puis, le 1er janvier 1992, la Ville procédait à son embauche permanente. Il occupa dès lors le poste d’inspecteur en bâtiment, fonction qu’il conservera avant d’accéder à des responsabilités accrues.
« Après 37 années de service, il aura donc passé plus de temps à Chibougamau qu’à Saint-Félicien », souligne sa fille, Valérie Asselin.
Au fil des ans, son parcours s’est diversifié. En plus de ses fonctions principales, il a assumé diverses responsabilités connexes. « Durant certaines périodes, j’ai cumulé les rôles de greffier et de directeur général par intérim pendant deux ou trois ans. J’ai fait le tour du jardin », résume-t-il.
Faits marquants
Parmi les évènements qui ont jalonné son parcours, l’incendie de 2005 demeure marquant, alors que les flammes progressaient à proximité du périmètre urbain. Les feux de forêt historiques de 2023 figurent également parmi les moments déterminants. Cette année-là, alors que la population quittait le territoire, on lui a demandé de rester en poste afin d’assurer la continuité administrative.
Toutefois, la signature de son contrat en 1992 conserve une valeur particulière. « Jamais je n’aurais imaginé, qu’en 2026, je quitterais mes fonctions à la Ville de Chibougamau. À l’époque, Raynald Blackburn occupait le poste de maire. »
Les mandats confiés lors des élections municipales comptent aussi parmi ses souvenirs professionnels significatifs, notamment pour la coordination et l’application des procédures règlementaires.
Projets pour la retraite
Mario Asselin envisage cette nouvelle étape sans appréhension. Il compte d’abord consacrer davantage de temps à sa famille. « Je quitte le milieu municipal en bonne santé. Mes deux filles et mes trois petits-enfants occuperont une place centrale dans mon horaire. » Il prévoit également faire du vélo, marcher en forêt avec son chien et jouer au golf. Des travaux domestiques figurent aussi à son programme.
Avant son départ, il avait annoncé la date de sa retraite deux ans à l’avance, facilitant ainsi le transfert de ses connaissances. « La stabilité du personnel contribue au succès d’une municipalité. Une longue continuité favorise l’efficacité et la mémoire organisationnelle », conclut-il.
Son père lui remet les clefs et elle lui rend un vibrant hommage
« Ce midi, mon père a tourné une grande page. Il est parti à la retraite après plus de 37 ans au service de la Ville de Chibougamau. Ce midi, il m’a remis symboliquement ses clefs. »
Tels sont les propos que l’on pouvait lire, au lendemain de la prise à la retraite de son père, Mario Asselin, sur la page Facebook de sa fille Valérie Asselin, qui travaille au même service des greffes, le même que celui où a fait carrière son père.
Elle explique que, pendant les trois dernières années à titre d’adjointe au greffier pour la Ville de Chibougamau, elle l’a appelé Mario ou M. Asselin au lieu de papa… par respect pour le collègue, le professionnel. « Mais ce soir, je peux encore recommencer à l’appeler papa avec toute la fierté que ça contient. »
Prendre le flambeau
« Être un Asselin au service du greffe, après lui, c’est de très grands souliers à chausser. Depuis trois ans à y travailler, je comprends enfin pourquoi tu y passais tout ton temps. C’est un travail très exigeant et tu as su le faire avec une finesse incroyable. Je ne mesurais pas réellement l’ampleur de ton travail mais, aujourd’hui, je peux dire que je comprends et que je vais prendre le flambeau, avec l’espoir sincère de te rendre fier », ajoute-t-elle.
« La Ville de Chibougamau perd un pilier, un référent, celui qui se souvient qu’un dossier X s’est déroulé vers 2007… mais moi, je garde mon papa, qui continue quand même de m’appeler Vicky au lieu de Valérie. »
« Merci papa, pour ton exemple, pour tes valeurs. Maintenant, repose-toi un peu et regarde-moi marcher dans tes traces. J’espère devenir cette référence que tu as été pour tant de gens. Et, un jour, je ne serai pas seulement la fille de Mario, tu seras le père de Valérie », conclut-elle.

