Le 15 juillet 1965 naissait la Société québécoise d’exploration minière (SOQUEM), créée par l’Assemblée législative du Québec, sous le gouvernement de Jean Lesage. Le projet de loi menant à sa création a été déposé par René Lévesque, alors ministre des Ressources naturelles. Une conférence relatera son histoire et ses liens avec le Nord-du-Québec le 25 novembre prochain.
C’est à la Microbrasserie Maître Renard de Chibougamau dès 18 h qu’ICM Chapais-Chibougamau tiendra cette activité incluant la conférence de Steven Pomerleau, coordonnateur aux communications et aux relations avec le milieu chez SOQUEM.
« La conférence permettra de prendre conscience de l’ampleur de SOQUEM. (Les personnes présentes) découvriront notre virage vers les minéraux critiques et stratégiques (MCS), notre implication dans les régions nordiques et notre approche moderne axée sur la collaboration et le développement durable. »
SOQUEM et le Nord-du-Québec
La région du Nord-du-Québec tient une grande place dans les investissements de SOQUEM selon M. Pomerleau.
« La majorité de nos projets sont situés dans le Nord-du-Québec, soit environ une trentaine. Ils couvrent différentes commodités, notamment l’or, le cuivre, le zinc et le lithium. Deux de nos projets phares, le projet Wagosic, près de l’ancienne mine Selbaie à l’ouest de Matagami et le projet Lespérance-Lac Shortt, près de Desmaraisville amorceront sous peu leurs campagnes de forage pour l’hiver 2025-2026. »
Il ajoute : « Nous contribuons activement au développement des ressources minérales dans le Nord-du-Québec grâce à l’avancement de nos projets d’exploration, qu’ils soient réalisés en partenariat ou entièrement détenus par SOQUEM. L’objectif demeure le même : identifier un gisement prometteur qui pourra éventuellement devenir une mine. Aujourd’hui, SOQUEM concentre ses efforts sur les travaux d’exploration, de la génération de projets jusqu’à la mise en valeur. »
Le conférencier donne en exemple le projet Moblan, un gisement de lithium situé à environ 130 km au nord de Chibougamau et découvert par SOQUEM en 2001.
« Au fil des années, le projet s’est développé avec différents partenaires, jusqu’à récemment avec Sayona (aujourd’hui Elevra), menant au dépôt d’une étude de faisabilité. Ce stade avancé nécessite des investissements plus importants et une expertise différente, davantage axée sur le développement, la construction et la commercialisation que sur l’exploration. »
Région clé
« Nous voyons un avenir très prometteur (pour le Nord-du-Québec), SOQUEM sera de plus en plus présente dans la région avec des projets génératifs et nos projets à différents stades d’avancement. Le Nord-du-Québec demeure une vaste région au fort potentiel minéral, comportant encore plusieurs secteurs méconnus sur le plan géologique et offrant de nombreuses opportunités de découverte. »
Il ajoute que le développement de nouvelles infrastructures (routes, transport ferroviaire, projets énergétiques) ainsi que la demande croissante en minéraux critiques et stratégiques favoriseront les investissements et faciliteront l’accès au territoire. Le Nord-du-Québec est et restera donc une région clé pour la filière minérale québécoise et SOQUEM entend y jouer un rôle de premier plan.
Révolution tranquille
Lors de cette conférence, Steven Pomerleau relatera l’histoire de l’organisation.
« La création de SOQUEM est une conséquence de la Révolution tranquille et du mouvement Maitres chez nous, afin que le Québec participe lui-même au développement de ses ressources naturelles, plutôt que de le laisser entièrement aux compagnies étrangères. À l’époque, le secteur minier était largement dominé par des intérêts étrangers, d’où la nécessité de développer une expertise québécoise. »
Dès 1966-1967, plus de 30 équipes de SOQUEM sillonnent déjà le territoire québécois. « Au cours des deux premières années d’exploration, plus d’une dizaine de découvertes sont réalisées, dont deux mèneront à des mines en production : la mine de cuivre Louvem et la mine de niobium Niobec. »
C’est en 2012 que SOQUEM se voit intégrée à Investissement Québec, dont elle est depuis une filiale. Aujourd’hui, elle compte un portefeuille d’une cinquantaine de projets, dont près de la moitié sont en partenariat avec d’autres sociétés d’exploration.


