L’inventaire aérien qui doit déterminer si le nombre d’orignaux est assez important dans la zone 17 pour rouvrir la chasse va de bon train. Celui-ci devrait se terminer d’ici quelques jours et les résultats pourront, par la suite, être présentés devant le comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage.
Un exercice rigoureux
L’opération, qui couvre une superficie de 20 000 km², tire à sa fin après avoir débuté le 31 janvier dernier. Trois hélicoptères sillonnent le territoire de la zone 17 pour fournir un portrait précis du nombre d’orignaux dans la région. Selon Vincent Brodeur, biologiste à la Direction régionale de la gestion de la faune du Nord-du-Québec, l’équipe a profité d’une fenêtre météo favorable afin de réaliser l’inventaire : « On avait même devancé les travaux de trois jours en voyant le beau temps à la fin du mois de janvier qui arrivait. » Afin d’être en mesure de faire un dénombrement adéquat, le territoire est découpé en parcelles de 60 km². Pour assurer la précision, l’inventaire se déroule selon un protocole strict où les appareils effectuent d’abord des survols en transect, traçant des lignes de 10 km espacées de 500 mètres pour repérer les signes de présence animale. Par la suite, le navigateur oriente le pilote pour revisiter ces secteurs et retracer les pistes les plus fraîches afin de dénombrer les bêtes. « On investit beaucoup d’énergie pour ça, pour s’assurer de compter la totalité des orignaux dans une parcelle », explique Vincent Brodeur, tout en précisant qu’un facteur de correction de 27 % est ajouté au décompte final pour compenser les animaux non détectés.
Qui se trouve dans l’hélicoptère?
Vincent Brodeur explique que l’équipe est composée d’un pilote, d’un navigateur qui l’assiste et de deux techniciens responsables de l’observation. Ces derniers sont respectivement un technicien de la faune et un représentant nommé par l’Association des trappeurs cris ou par la communauté crie à proximité. En raison de la pandémie et des mesures sanitaires en vigueur à l’époque, cette même procédure n’avait pu être suivie en 2021, ce qui a mené, notamment, à un dérapage. M. Brodeur explique qu’ « en 2021, il est arrivé un incident où est-ce que quelqu’un s’est filmé pendant l’inventaire et semblait faire un travail plus ou moins rigoureux, et puis quelques jours après, il se retrouvait dans une situation de chasse, encore sur les médias sociaux ». Il poursuit en affirmant que « clairement, cette personne a utilisé des données privilégiées pour faire sa récolte ». Le biologiste insiste toutefois sur le fait qu’il s’agit d’un acte isolé, qui ne reflète en rien l’intégrité du processus scientifique actuel.
Impact des feux de 2023
L’inventaire actuel doit également composer avec les cicatrices laissées par les feux de forêt de 2023 dans la région. Des suivis télémétriques sur une quinzaine de femelles ont été instaurés pour comprendre comment les orignaux réagissent à ces perturbations. Étonnamment, les premières observations montrent que les orignaux utilisent encore les secteurs sévèrement brûlés. « Ce sont des données qui sont relativement inédites », affirme le biologiste.
Prochaines étapes
Une fois que l’inventaire sera complété, les résultats seront présentés au comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage. Celui-ci pourra par la suite déterminer, en fonction des modalités prévues dans la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, si la chasse pourra être rouverte dans la zone 17 et dans quelles conditions.


