À quelques semaines de la tenue du Rendez-vous des employeurs 2026 pour le Nord-du-Québec, nous nous sommes questionnés sur la situation de l’emploi dans la région, et par le fait même, sur son économie. Force est d’admettre que l’emploi dans la région du Nord-du-Québec se porte très bien… voire trop bien. Nous avons questionné la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) Chibougamau-Chapais et le Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James afin de tracer un portrait sommaire des besoins en ressources humaines et du recrutement de celles-ci.
Une situation qui a changée
Selon les premières impressions d’Annie Potvin et d’Annie Lefebvre, respectivement directrice générale et adjointe à la direction à la SADC Chibougamau-Chapais (SADCCC), la ville de Chibougamau vit une situation pratiquement de plein emploi avec ses bons et ses moins bons côtés. « Les gens de Chibougamau travaillent pratiquement tous, qu’ils aient des qualifications particulières ou pas. Il y a aussi beaucoup de personnes immigrantes dans la région qui travaillent. L’autre côté de la médaille est la capacité de loger les travailleurs et les futurs travailleurs qui viendraient s’installer dans la région. Si on recule de quatre ans, on ne vivait pas cette situation-là », soulignent en entrevue les deux représentantes de la SADCCC.
Elles précisent que le Nord-du-Québec a un effet attractif, mais qu’une ville comme Chibougamau connait une problématique de logements et de maisons. Mais l’habitation n’est pas le seul enjeu. Comme c’est le plein emploi, il arrive maintenant que des entreprises manquent de ressources humaines. « Par exemple, nous n’avons plus de restaurants ouverts les fins de semaine faute de main-d’œuvre. Il y a une dizaine d’années, on retrouvait de deux à trois plus de restaurants à Chibougamau. »
Concernant la foresterie et les mines, elles mentionnent que c’est particulièrement la foresterie qui semble au ralenti en raison de la situation économique avec les États-Unis et que le secteur des mines est moins touché. « Le secteur de la foresterie veut conserver ses ressources humaines et doit jouer avec la situation. »
En santé et services sociaux
Le Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James (CRSSSBJ) ressent moins ces impacts de postes vacants ayant recours à des agences privées, selon les informations recueillies. « Il y a peu d’impacts sur les services cliniques parce que nous embauchons de la main-d’œuvre indépendante d’agences privées. Pour les postes administratifs, il est à noter que nous sommes visés par le gel du recrutement externe, décrété par le Conseil du trésor. Pour la portion des services administratifs ou de la planification, effectivement, des choix sont faits pour nous centrer », explique Julie Pelletier, adjointe à la PDG et aux relations médias au CRSSSBJ.
Cependant le recrutement s’avère difficile pour certains postes. « Nous avons peu ou pas de candidatures pour certains postes (infirmières, équipes psychosociales, pharmaciens, équipes de réadaptation par exemple). »
Postes vacants
Le plus récent Bulletin du marché du travail Nord-du-Québec émis par Québec Emploi, soit celui de janvier 2026, fait le Top 10 des postes vacants au Nord-du-Québec.
En tête du classement, le personnel des ventes compte 40 postes à pourvoir. Les mécaniciens d’équipement lourd arrivent en deuxième position avec cinq postes. Suivent ensuite les aides de soutien des métiers et manœuvres en construction, également avec cinq postes, tout comme les autres manœuvres et aides de soutien de métiers, en quatrième position.
On y apprend que l’on retrouve dans le Nord-du-Québec 45 300 emplois à temps plein et 9 500 emplois à temps partiel avec un taux de chômage de 3,3 %.
Le Rendez-vous des employeurs du Nord-du-Québec 2026 aura lieu le 27 mai au Club de golf de Chibougamau. Il est de retour avec une formule en présentiel et permet aux employeurs de réfléchir sur les ressources humaines sur le territoire.


