La ville de Chapais a mis en place en novembre dernier son service de compostage. De son côté, la ville de Chibougamau a également mis en place son service de compostage vers la même date. Dans les deux cas, un premier constat s’impose : il y a encore du travail à faire pour sensibiliser la population à composter davantage.
Chapais et le compostage
La ville de Chapais va réaliser une analyse au cours des prochains mois afin d’évaluer le taux de participation des ménages. Un constat est apparu depuis sa mise en place : la participation populaire est insuffisante.
Simon Blanchet de la ville de Chapais mentionne que « selon le tonnage enregistré mensuellement depuis novembre, les citoyens de Chapais compostent environ trois fois moins que la moyenne québécoise. L’analyse nous permettra d’adapter nos outils de communication et de mettre en place des mesures plus ciblées. »
Il ajoute : « nous sommes conscients que cette initiative en est à ses débuts et que la population doit se familiariser avec le compostage. Néanmoins, nous sommes sûrs que la participation augmentera de façon significative au cours des prochains mois », mentionne en entrevue le contremaître des travaux publics et responsable des services techniques et de l’environnement à la ville de Chapais.
Le compostage à Chibougamau
« Pour le compost, lancé à l’automne dernier, la participation est encore en croissance — nous l’estimons à environ 15 %. Concrètement, nous recevons en moyenne 4,5 tonnes métriques de matières organiques par semaine au centre de compost, excluant la collecte de Chapais. Pour atteindre nos cibles et maintenir nos subventions, nous devrions en recevoir près de 30 tonnes hebdomadairement. Il faut toutefois tenir compte du contexte hivernal, qui tend naturellement à réduire les quantités collectées », explique l’équipe des communications et l’équipe de gestion des matières résiduelles de Chibougamau.
Rôle de la population
La ville de Chapais mentionne qu’avec la mise en place du recyclage et du compostage, « les citoyens ont un rôle essentiel à jouer au quotidien afin de contribuer à une meilleure gestion de ces matières et ainsi réduire la pression financière sur l’ensemble des services municipaux. Plus la participation au recyclage et au compostage est élevée, plus les bénéfices sont importants, tant sur le plan environnemental que financier pour la collectivité. »
Mais ce n’est pas juste sur sa participation au recyclage et au compostage que la population est invitée à collaborer.« En ce qui concerne les statistiques d’adhésion aux services de collecte du recyclage et du compostage, des efforts importants restent à faire pour une partie de la population. Encore aujourd’hui, certains citoyens ne prennent pas la peine de trier leurs déchets pour recycler, et ce, malgré le fait que le service soit en place depuis plus de deux décennies. Cela dit, ces cas demeurent marginaux », ajoute Simon Blanchet.
Projets 2026
Pour la promotion du service, Chibougamau a déployé un plan de communication complet incluant une séance d’information citoyenne filmée, disponible en tout temps sur le site de la Ville. Une seconde séance est prévue au printemps selon les infos recueillies.
« Pour l’année 2026, nous prévoyons intensifier nos efforts en effectuant des actions de sensibilisation en moyenne toutes les deux semaines, tant pour le recyclage que pour le compostage », explique l’équipe de Chibougamau.
Chibougamau souhaite finaliser cette année les aménagements à son écocentre et rouvrir le garage de réemploi. « Nous produirons également nos premiers lots de compost, qui seront utilisés dans nos plates-bandes — un beau retour visible pour les citoyens. Nous poursuivrons aussi notre recherche de solutions de valorisation pour des matières encore enfouies : bardeaux d’asphalte, polystyrène expansé, sièges d’auto pour enfants, matelas, contenants pressurisés, entre autres. »
« La saine gestion des matières résiduelles est un enjeu important pour la municipalité de Chapais, puisqu’elle représente une part significative des dépenses municipales. À titre comparatif, l’enfouissement d’une tonne de déchets coûte environ 317 $ à la municipalité, sans compter les frais de collecte et de transport. À l’inverse, le compostage représente un coût d’environ 176 $ par tonne, tout en permettant une valorisation locale des matières, notamment pour les cultures maraîchères », conclut monsieur Blanchet.


