Une auteure locale signe son premier roman jeunesse

Josianne Bouchard a grandi à Chapais. Photo : courtoisie

Même si elle n’est pas originaire de Chapais, Josianne Bouchard y a grandi, et cette petite communauté nordique a profondément influencé sa façon d’être et de créer. « Grandir dans une petite communauté m’a appris très tôt l’importance des relations humaines, de l’entraide et de la proximité », explique-t-elle. Un environnement qui, selon elle, a nourri sa sensibilité et son imaginaire, et qui se reflète aujourd’hui dans son écriture, marquée par « la douceur, la lenteur et l’attention aux détails humains ».

Titulaire d’un baccalauréat ès arts avec majeure en psychologie, Josianne Bouchard est aujourd’hui intervenante psychosociale à la maison des jeunes, tout en poursuivant des études de deuxième cycle. Elle débutera officiellement, cet automne, une maîtrise en psychopédagogie, profil difficultés d’apprentissage et d’adaptation. Un parcours qu’elle regarde avec fierté. « Jamais je n’aurais pensé, il y a quelques années, atteindre le deuxième cycle universitaire », confie-t-elle, soulignant que cette étape s’inscrit naturellement dans son cheminement personnel et professionnel.

Son désir d’aider les autres remonte à l’adolescence. À 13 ans, alors qu’elle était placée en centre jeunesse, la rencontre avec une intervenante a marqué un tournant. « Elle a été déterminante dans la construction de mon identité et de ma vocation », affirme-t-elle. Cette expérience a nourri sa volonté de mieux comprendre la réalité des enfants et des jeunes, un intérêt qui s’est confirmé lors de ses débuts comme technicienne en éducation spécialisée dans l’école qu’elle avait elle-même fréquentée.

L’écriture a toujours fait partie de sa vie, mais Akio, son premier roman jeunesse, n’est pas né d’un plan précis. « Écrire un roman publié a longtemps été un rêve de petite fille, mais Akio ne s’est pas imposé comme un projet réfléchi ou planifié », explique-t-elle. « Il est arrivé doucement, presque naturellement, à un moment où l’écriture est devenue un besoin plutôt qu’une ambition. »

Le point de départ du livre est profondément personnel. « L’idée d’Akio est née d’un désir très simple, mais profondément important pour moi: pouvoir dire à un enfant qu’il n’est pas seul », raconte Josianne Bouchard. Le roman est aussi né d’un besoin de mieux comprendre son propre fils, qui vit avec une neurodivergence. « Il ressent les choses avec beaucoup d’intensité, et comme adulte, on ne prend pas toujours le temps de s’arrêter pour comprendre ces réactions amplifiées », souligne-t-elle. « Akio m’a appris, à moi aussi, l’importance de ralentir, d’écouter et de prendre le temps. »

Mère de quatre enfants, Josianne a fait le choix de simplifier le cadre familial dans son récit. « Akio est enfant unique et vit seul avec sa mère, afin de recentrer l’histoire sur son monde intérieur », précise-t-elle. Un choix conscient qui permet de mettre toute l’attention sur ses émotions et sa façon singulière de voir le monde.

À travers Akio, mais aussi le personnage de Lou, un petit garçon autiste, Josianne Bouchard souhaite montrer qu’« il existe plusieurs façons d’être au monde, et que chacune mérite d’être reconnue et comprise ». Aborder la neurodivergence en littérature jeunesse allait de soi pour elle. « On associe encore trop souvent la différence à quelque chose de visible », rappelle-t-elle, ajoutant qu’elle souhaitait « normaliser la différence et ouvrir le dialogue ».

Disponible maintenant au Québec et en France, Akio représente une grande fierté pour l’auteure émergente. « Savoir qu’une histoire née dans un contexte très personnel peut voyager et rejoindre des familles ailleurs me rappelle qu’il y a partout des enfants qui ont besoin d’être écoutés et compris », confie-t-elle.
Une soirée de lancement est prévue à Chapais, un retour aux sources important pour Josianne Bouchard. « Il était essentiel pour moi de débuter mon parcours d’autrice ici, avant de faire voyager Akio plus largement », dit-elle. Et ce premier livre marque le début d’un chemin qu’elle souhaite poursuivre, toujours guidée par « la différence, l’imaginaire et l’estime de soi ».

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