Le ministère de la Faune sollicite l’aide des chasseurs de la région pour une collecte d’ailes de lagopèdes des saules; ces oiseaux parfois appelés à tort la perdrix blanche sont la cible d’une étude.
Collecte d’ailes
Afin d’être en mesure de dresser un portrait juste des populations de lagopède dans les régions du Nord-du-Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs demande aux chasseurs de leur faire parvenir les ailes des lagopèdes qu’ils collectent. Cette mesure, en place depuis trois ans, permet à des spécialistes de déterminer, à l’aide d’études génétiques, le sexe et l’âge de ces petites bêtes. La collecte des ailes permet également de connaître la provenance des lagopèdes des saules ainsi que leur site de nidification. En observant l’usure et la pigmentation des plumes, les experts peuvent non seulement identifier l’âge du petit gibier, mais aussi évaluer le succès de la saison de reproduction précédente. Un grand nombre d’ailes appartenant à de jeunes oiseaux indique une population en santé, tandis qu’une rareté de juvéniles pourrait sonner l’alarme sur des difficultés environnementales dans le secteur de nidification.
De plus, dans les deux dernières années, des émetteurs télémétriques ont été installés sur 28 lagopèdes qui se trouvaient sur le territoire, entre Chibougamau et Radisson. Contrairement à l’analyse des ailes qui offre une donnée ponctuelle après la récolte, la télémétrie permet de suivre les déplacements quotidiens de l’espèce. Si un chasseur récolte un lagopède muni d’un émetteur, celui-ci peut contacter le Ministère, par téléphone, au 418-627‑8694.
Une étude qui donne des résultats
La chasse au lagopède des saules est de plus en plus populaire. Afin de gérer adéquatement le cheptel, le gouvernement provincial, en collaboration avec le Gouvernement de la nation crie, l’Association des trappeurs cris et l’Université Laval mène des études sur l’espèce. Depuis le début de l’étude, plus de 2000 ailes ont été collectées. Les premières analyses montrent que plus de 90 % des lagopèdes récoltés par les chasseurs non autochtones en Jamésie sont des femelles. Ce phénomène s’explique par les comportements migratoires distincts entre les mâles et les femelles au sein de l’espèce. Selon les observations des spécialistes, les mâles ont tendance à demeurer à proximité des secteurs de reproduction situés plus au nord. En revanche, les femelles et les juvéniles entreprennent une migration vers le sud pour hiverner, ce qui les rend beaucoup plus susceptibles d’être rencontrés par les chasseurs sportifs.
À Chibougamau, il est possible de récupérer une trousse d’échantillonnage et de rapporter les ailes collectées au bureau de gestion de la faune, situé sur le boulevard Hamel. Pour participer, vous devez, sur chaque lagopède récolté, prendre une aile, remplir l’étiquette au crayon de plomb avec les informations sur la récolte et, finalement, déposer les ailes dans un sac. Les ailes de plusieurs lagopèdes récupérées la même journée au même endroit peuvent être mises dans le même sac.


