Avec des mesures portant sur l’emploi, l’économie et les traditions, John Kitchen, John Paul Murdoch et Norman A Wapachee mènent actuellement campagne pour le poste de grand chef du gouvernement de la nation crie.
Homme d’affaires et ancien chef de Waswanipi, John Kitchen préconise un vaste éventail de mesures parmi lesquelles se distinguent le développement de l’employabilité des jeunes, la protection de la terre.
Dans son programme, M. Kitchen indique aussi la nécessité de créer davantage de maisons pour les ainés, d’impliquer les jeunes et les femmes dans la gouvernance et d’augmenter les fonds pour l’Association des trappeurs cris. « Ils sont toujours en train de se faire couper leur programme, le cout du matériel monte extrêmement », déplore le président des compagnies Miyuukaa et Kuikuaacheu.
Protection des terres
En lien avec les trappeurs mais aussi, de manière générale, les utilisateurs du territoire, John Kitchen, s’il est élu, veut durcir la règlementation pour les terres de catégorie II de la Convention de la baie James et du Nord québécois (CBJNQ)
« On a beaucoup de trappeurs qui se plaignent de ce qui se passe dans leur ligne de trappe », rapporte le candidat à la chefferie. Il y en a même qu’ils ne peuvent plus y aller, parce qu’il y a trop d’activités […]. Exemple, s’il y a du forage à faire par une compagnie minière, ils vont […] à des places où il y a des campements, des orignaux et des cimetières. Il y a aussi des coupes forestières. Le pourcentage de protection de la ligne de trappe, c’est rien. »
Un changement de la règlementation nécessiterait d’amender la convention, convient John Kitchen. Il souligne qu’avec le projet de loi québécois sur le régime forestier, la volonté de développer les minéraux critiques, les Cris se doivent d’être vigilants. « Les Cris, dit-il, on est obligés de regarder ça, […] parce que c’est trop vite pour nous. Nous, on veut ralentir un peu, avoir des bonnes politiques, des bonnes lois pour protéger l’environnement. […] Oui, on a des consultations, mais des fois, c’est pas assez. […] Moi, le minier, le forestier et Hydro-Québec, je ne fais pas juste leur dire bienvenue dans mon territoire. Il faut que tu regardes qui est là. On est là. Comme vous disiez, on est maitres chez nous. Et on veut protéger notre territoire. Pas juste notre territoire, il y a des Jamésiens qui restent là, eux aussi sont touchés. »
M. Kitchen propose de couper dans les dépenses d’avocat et de consultant du gouvernement de la nation crie pour aider au financement des mesures de son programme.
Expérience
John Kitchen se présente comme un homme d’expérience, qui a déjà été chef et fait des projets avec les gouvernements non autochtones. « Les autres candidats, dit-il, ils sont là déjà et ils n’ont pas bougé. Je suis là pour faire avancer les affaires et faire des affaires. Mais je leur souhaite bonne chance. Et d’être prudents sur la route quand ils voyagent. »
Mettre en place la Déclaration
Les deux autres candidats, l’actuel grand chef par intérim Norman A Wapachee et l’avocat et négociateur, John Paul Murdoch, n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue de La Sentinelle. Précédemment grand chef adjoint, M. Wapachee est devenu grand chef en remplacement de Mandy Gull-Masty, qui avait démissionné de son poste peu avant la fin de son mandat pour devenir candidate libérale dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou.
Au média en ligne Nation, M. Wapachee a déclaré qu’il veut implanter la Déclaration des droits et des responsabilités dans Eeyou Istchee, adoptée récemment par le Grand Conseil des Cris. La Déclaration réfère aux valeurs et aux lois traditionnelles cries et à la relation avec la terre dans un contexte de modernité. M. Wapachee a également abordé la création d’un nouvel institut régional de recherche lié à l’aire marine nationale de conservation de la baie James et a exprimé la volonté de créer des opportunités pour que les Cris éduqués puissent travailler dans Eeyou Istchee.
Économie et affaires
John Paul Murdoch a été, notamment, avocat-conseil pour le gouvernement de la nation crie. Il a participé à de nombreuses négociations dans les domaines de l’hydroélectricité, des mines et de la foresterie, entre autres celles de la Paix des Braves
Le site Internet de celui qui a aussi siégé au BAPE et au COMEX s’intitule « Une économie crie unifiée » et met l’emphase sur les affaires. Le système canadien des réserves indiennes, soutient M. Murdoch, a isolé toutes les Premières Nations, leur laissant un héritage de pauvreté et de sous-développement.
« Il faut prioriser les compagnies cries avant de faire appel aux compagnies non cries pour venir dans notre marché, avance-t-il. Il faut s’assurer que ce ne sont pas les compagnies privées qui décident qui a accès au marché cri. »
M. Murdoch postule qu’une économie crie unifiée doit être construite sur le principe que les investissements du secteur privé doivent venir dans les communautés et qu’il faut récompenser les partenaires qui y investissent.
Les élections pour les postes de grand chef et de grand chef adjoint auront lieu le 17 juillet.


