Centraide lance un fonds d’investissement social pour les minières

Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec a lancé le FISIM. Photo: Gracieuseté.

Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec a lancé son Fonds d’investissement social de l’industrie minière, visant à aider les communautés dans lesquelles les minières sont implantées.

Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec a lancé officiellement son Fonds d’investissement social de l’industrie minière (FISIM). Ce projet rassemble déjà une quinzaine de membres fondateurs issus de l’industrie minière qui se sont collectivement engagés à injecter 3 millions de dollars d’ici cinq ans. L’objectif est d’atteindre une capitalisation de 15 millions de dollars d’ici 10 ans pour s’attaquer à des enjeux, comme la crise du logement, l’insécurité alimentaire et la santé mentale.

Un engagement pérenne

Ce nouveau fonds d’investissement marque un changement de cap majeur pour la branche régionale de Centraide, qui passe d’une approche charitable plus traditionnelle à l’adoption d’une posture d’investisseur social stratégique. Ce qui différencie le FISIM des fonds similaires est le fait qu’il se veut un fonds pérenne, qui dépassera la durée de vie des mines. Lorsque le fonds atteindra son plein potentiel de 15 millions de dollars, un minimum de 5% de ses actifs seront réinvestis annuellement dans la communauté, générant ainsi une somme minimale de 750 000 $ par année qui pourra être redistribuée dans la communauté.

Pour les entreprises impliquées, comme Forages Chibougamau ou la Corporation minière Troilus, il s’agit d’une occasion unique de créer de la valeur partagée à long terme. Le but pour ces minières est de laisser un héritage social plus important que ce qui est exigé par la loi lors de la fermeture d’un site minier, par exemple, un plan de restauration environnemental. Selon Mélanie Perreault, directrice développement et partenariats chez Centraide ATNQ, « ce fonds-là, ça va être un fonds perpétuel. Dans 100 ans, Troilus, Dhilmar, Forages Chibougamau vont continuer à donner dans la communauté […] on vient dépasser les cycles miniers puis on vient se donner une garantie, une sécurité dans nos investissements ».

Une gouvernance partagée

Le montant d’argent qui sera redistribué dans la communauté sera géré par Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec. Pour s’assurer que les retombées financières soient investies dans des problématiques réelles, une gouvernance partagée sera instaurée. Chaque année, les minières considérées comme les membres fondateurs, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et ses observatoires, les élus locaux ainsi que Centraide se réuniront pour analyser le tout. Ils décideront à ce moment des principales orientations, alors que l’organisme se chargera de la distribution.

Même si certains trouveront les contributions à ce fonds généreuses, la mairesse de Chibougamau et présidente de l’Administration régionale Baie-James, Nichèle Compartino, a tenu à préciser que les autres engagements des minières demeurent. « Cette initiative vient en complément des discussions et des ententes conclues avec les municipalités d’accueil ; elle ne s’y substitue pas, mais elle élargit notre capacité collective à soutenir des communautés fortes », mentionne-t-elle par voie de communiqué.

Au courant des prochaines semaines, Centraide poursuivra ses rencontres, afin de convaincre d’autres entreprises de s’ajouter au fonds d’investissement.

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