Réuni en juin dernier à Chibougamau, le conseil d’administration de l’Administration régionale Baie-James (ARBJ) a mis en lumière l’ampleur du manque de places dans les centres de la petite enfance du territoire. Aux yeux des élus, la situation représente désormais un enjeu majeur qui touche directement le développement des communautés. La rareté de la main-d’œuvre en petite enfance accentue par ailleurs les difficultés déjà observées dans le réseau.
À l’heure actuelle, le nombre d’enfants inscrits sur les listes d’attente correspond pratiquement au nombre total de places offertes dans la région. Les projections laissent également entrevoir une hausse graduelle du déficit de places au cours des prochaines années, ce qui pourrait accroitre la pression sur les familles et les employeurs.
Afin de mieux cerner la situation, l’ARBJ prévoit la réalisation d’un diagnostic régional portant sur les besoins actuels et futurs en éducatrice à la petite enfance. Cette démarche s’inscrit dans un contexte marqué par une pénurie persistante de personnel et par des réalités propres au territoire jamésien. L’étude doit permettre d’identifier des mesures adaptées pour favoriser le recrutement, améliorer la rétention du personnel et assurer la pérennité des services de garde éducatifs.
La petite enfance parmi les priorités
D’ailleurs, la stratégie gouvernementale en occupation et vitalité du territoire regroupe quatre grandes priorités pour la Baie-James. Parmi celles-ci, figure le cheminement éducatif des Jamésiens, qui englobe la petite enfance, le parcours scolaire ainsi que l’enseignement supérieur.
« La réalisation d’un diagnostic sur les besoins en petite enfance figure parmi les options retenues. Lorsque nous disposerons des données nécessaires, nous pourrons mettre en place des initiatives ciblées pour la suite », explique Nichèle Compartino, présidente du conseil d’administration de l’ARBJ.
Selon elle, les résultats attendus fourniront un portrait plus précis des besoins du milieu et des actions susceptibles de répondre aux défis actuels.
Un manque de personnel qui freine le développement
Pour l’ARBJ, le recrutement de nouvelles travailleuses dans le secteur de la petite enfance constitue l’un des principaux défis. Le remplissage des cohortes de formation demeure difficile, ce qui limite l’arrivée de nouvelles éducatrices sur le marché du travail.
« Nous éprouvons de la difficulté à combler les cohortes. Lorsque les inscriptions ne suivent pas, la pénurie de main-d’œuvre s’accentue. Même dans l’éventualité où le gouvernement investirait davantage afin de créer de nouvelles places, il faudrait aussi disposer du personnel nécessaire pour les offrir », souligne Mme Compartino.
Parmi les mécanismes actuellement autorisés par le ministère de la Famille figure la tolérance d’embauche, qui permet à certaines personnes d’intégrer un centre de la petite enfance avant l’obtention de leur diplôme.
« Cette avenue ne représente toutefois pas la solution idéale. La qualité des services publics peut en subir les conséquences », précise la présidente.
Les répercussions de cette pénurie dépassent le cadre du réseau de la petite enfance. Selon Mme Compartino, le manque de places limite notamment la participation au marché du travail.
« Lorsqu’une mère ne peut accéder à un service de garde, elle doit souvent retarder ou interrompre son retour au travail. Cette situation entraine des impacts économiques et sociaux importants. Lorsque des personnes qualifiées demeurent à la maison faute de place en garderie, les effets se répercutent également sur le développement de l’enfant et sur la collectivité », conclut-elle.
Entente de partenariat renouvelée
La dernière séance du conseil a aussi permis le renouvellement de l’Entente de partenariat territorial en lien avec la collectivité jamésienne pour la période 2026-2029.
Conclue avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, cette entente vise à soutenir la création, la diffusion et la mobilité artistique sur le territoire. Dotée d’une enveloppe de 225 000 $ répartie sur trois ans, financée à parts égales par les partenaires, elle prévoit une aide destinée aux artistes et aux écrivains professionnels de la région.
L’ARBJ versera jusqu’à 37 500 $ par année pendant trois ans, pour une contribution totale de 112 500 $.
Projets retenus


