C’est un peu avant le Moose Break que les communautés, entreprises et organisations cries auront une réponse pour les demandes de financement à l’ÉcoFond Eeyou, voué à l’eau et à la transition climatique, déposées avant le 15 juin dernier. Grâce à une entente de 5,87 M$ annoncée le même mois entre les gouvernements du Québec et de la nation crie, l’enveloppe budgétaire s’élève désormais à plus de 14 M$.
Des projets déjà en cours
Une dizaine de projets sont déjà en développement depuis 2025, alimentés par l’enveloppe biodiversité de l’ÉcoFond Eeyou. On retrouve par exemple un projet pilote de Gardiens du territoire et de suivi écologique à Oujé-Bougoumou, pour une région incluant la réserve de parc national Assinica et les aires de trappes de la communauté. Le programme comprend notamment le suivi des espèces, des habitats, des conditions hydriques et aidera entre autres à établir des priorités de rétablissement après les incendies.
Deux projets sont également en cours pour lutter contre le déclin du caribou. Dans l’un d’entre eux, les Cris évaluent la pertinence d’ériger des enclos comme l’a fait le gouvernement du Québec. Un documentaire sur le caribou est aussi en production, qui associe des jeunes, un maître de trappe et l’Association des trappeurs cris de Waswanipi. « Beaucoup de pratiques culturelles sont attachées au caribou, rappelle Olivier Kölmel, gestionnaire Éco-Investissements & Partenariats Stratégiques au gouvernement de la nation crie. Si la chasse ne se fait plus nécessairement comme avant, ou pas du tout dans certains secteurs, on ne peut pas nécessairement transmettre le savoir. Ce documentaire présente un peu sur la réalité du caribou […] pour faire une transmission de savoir de génération en génération. »
Le documentaire de 25 minutes sera diffusé en 2027.
Langue et territoire
Une plateforme géospatiale pour des données et de la planification est en réalisation. « Dans le monde cri comme ailleurs, la cartographie est essentielle, relate M. Kölmel. Avoir un outil géospatial [….] simple, accessible, va permettre une meilleure conversation sur le plan écologique, pour la planification, pour la conservation. Quand des projets se mettront en place, ça va peut-être accélérer un peu le processus de consultation sur le terrain, parce qu’on sait déjà ce qu’il y a sur le terrain. »
À Oujé-Bougoumou encore, un atlas de toponymes cris et de savoirs associés est en gestation. « Chez les Cris, beaucoup de savoirs sont associés à l’environnement, au territoire, l’accès à l’eau, aux animaux qui passent et aux changements de saison, explique M. Kölmel, et c’est ancré dans la langue. Un atlas sera fourni pour chaque camp de la région, pour qu’on connaisse la langue, l’historique derrière, et ce que ça veut dire aussi. »
Dates butoir
Les conventions de subvention entre les gouvernements québécois et cri s’inscrivent dans le cadre du Plan national de l’eau et du Plan pour une économie verte 2030. Trois dates de tombées sont établies pour les soumissions de projet, les 15 juin, 15 septembre et 15 janvier. Les subsides aux projets acceptés sont versés en tenant compte des réalités culturelles, la chasse à l’orignal ou à l’outarde par exemple, afin de faciliter le travail ancré sur le terrain.


