Capacité alimentaire accrue pour le Nunavik

Travaux d’agrandissement de l’entrepôt et des espaces de bureaux de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. (Courtoisie)

Un financement de Services aux Autochtones Canada permet à la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ) d’accroître ses capacités de stockage alimentaire.

Le FCNQ regroupe 14 coopératives regroupées dans tout autant de villages du Nunavik, qui sont notamment impliquées dans la vente d’aliments au détail, les services bancaires et l’approvisionnement en carburant.

Le financement d’environ 966 000 $ servira à ajouter 1 580 m² d’espaces réfrigérés et de congélation; 6 500 m² d’espaces d’entreposage régulier et 1 670 m² d’espaces administratifs et d’aires communes à l’entrepôt montréalais de la Fédération.

La FCNQ peut ainsi entreposer davantage de biens et d’aliments essentiels et augmenter sa capacité d’acheter en volume et donc de maintenir des prix plus stables pour les familles inuites. En outre, les risques de rupture de stock dans les communautés, où les livraisons peuvent être perturbées par les conditions climatiques, seront réduits.

Un total de 26 M$

En tout, 26 M$ sont investis dans les installations de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec à Baie-D’Urfé. « Cet agrandissement contribuera à consolider un réseau de services essentiel, durable et performant pour les générations à venir, en demeurant fidèle à notre principe fondamental : travailler ensemble et ne laisser personne derrière », a déclaré le président de la FCNQ, Eluscar Kulu Tukalak.
L’organisme n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Accessibilité

Par-delà l’augmentation des capacités de stockage, le coût de l’alimentation demeure hautement problématique. Selon des statistiques de la Chaire de recherche Louis-Edmond-Hamelin de l’Université Laval, « en 2023, les prix en épicerie étaient environ 33,6 % plus élevés au Nunavik que dans le sud du Québec ».

Un programme fédéral, Nutrition Nord Canada, vise à combler ce fossé entre le Nord et le Sud en subventionnant certains aliments et articles dans 125 collectivités nordiques.

Mais de l’aveu même d’Ottawa, Nutrition Nord Canada ne peut, à lui seul, résoudre le problème de l’insécurité alimentaire. « L’insécurité alimentaire dans les communautés nordiques et autochtones est un défi systémique influencé par un large éventail de facteurs, notamment les infrastructures, l’emploi, l’inflation et l’environnement », peut-on lire dans un rapport d’évaluation du programme, datant de décembre 2025 et réalisé par le ministère Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC). Le rapport contient cinq recommandations.

Un autre rapport, indépendant celui-là, doit être rendu public plus tard cette année, sous l’autorité d’Aluki Kotierk, ancienne présidente de Nunavut Tungavik Inc et actuelle présidente de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones. Elle aura pour mandat de rencontrer les organisations autochtones nationales et régionales, les détaillants, les fournisseurs de transport et les parties prenantes, afin d’évaluer l’efficacité du programme et de formuler des recommandations pour l’améliorer. Ce rapport doit être remis directement au ministre Gary Anandasangaree.

Le 26 mars dernier, RCAANC annonçait le financement de neuf projets dirigés par des Autochtones portant sur la sécurité alimentaire et les inégalités d’accès à la nourriture dans les communautés isolées du Nord.

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