Rester debout pour défendre nos droits

Karel Pichard, Directrice générale, Maison d'hébergement l'Aquarelle. Photo : courtoisie

La Sentinelle a sollicité des femmes de la région afin qu’elles répondent à trois questions dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. Karel Picard, directrice générale, Maison d’hébergement l’Aquarelle, a bien voulu y répondre.

Le thème de cette année est « Générations DEBOUTTE! ». Qu’est-ce que signifie pour vous être “deboutte” aujourd’hui, comme femme dans notre région ?
À commencer par être consciente des inégalités et des violences qui persistent envers les femmes, mais aussi de les reconnaitre tout en les portant dans ses convictions, dans son langage, dans ses discussions en famille, entre amies et entre collègues, sans avoir peur. La génération actuelle doit se souvenir du parcours des femmes au fil des ans. Se souvenir des diverses revendications et de tout le militantisme qu’elles ont dû faire. Il y en a tellement eu et il ne faut pas l’oublier, ni le tenir pour acquis. Ici, à Chibougamau ou ailleurs, comme femme, il faut se soutenir, s’entraider et continuer à défendre ce qui a été défendu et continuer à croire en notre plein potentiel. Nous avons notre place et elle vaut tout autant qu’un autre.

Selon vous, quels droits ou quelles avancées pour les femmes doivent absolument être protégés pour les prochaines générations ?
On remet en question le droit à l’avortement au Québec et notamment ailleurs où, il y a des motions et des projets de loi qui sont déposés pour limiter ou pour recriminaliser le droit à l’avortement. C’est un grand recul… On entend souvent que l’égalité est atteinte, alors que ce n’est pas tout à fait le cas. Depuis janvier 2026, six (6) femmes ont été tuées par un conjoint ou un ex-conjoint au Québec. C’est alarmant. Nous devons continuer à mettre l’emphase sur la nécessité de bien accompagner et d’assurer un filet de sécurité auprès des victimes de violences et cela passe aussi par des mesures judiciaires adéquates auprès des auteurs de violence.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes femmes pour qu’elles restent, elles aussi, “deboutte” ?
De se faire confiance et de se respecter. Tout comme il est aussi important de respecter tout être. Je le dis souvent, mais d’être solidaire entre femmes, c’est tellement important. Tout comme c’est important d’avoir des hommes alliés et solidaires à la cause. Le passage à l’adolescence peut parfois être difficile, mais j’invite toutes jeunes femmes à respecter ses limites et à écouter leur petite voix intérieure. Le respect et la communication, c’est la base d’une relation saine.

Le féminisme est né de l’inégalité des sexes et du fait que nous devons défendre nos droits au niveau politique et dénoncer l’inacceptable. Le féminisme n’est pas qu’un terme, c’est un positionnement et un ensemble de mouvements visant la pleine égalité juridique, économique, politique et sociale. Et il faut continuer à le porter.

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