La friperie La Mine d’Or, à Chibougamau, se voit contrainte de fermer ses portes à cause d’un manque de financement. L’organisme a mis son bâtiment en vente et souhaite demeurer locataire durant au moins un an avec la somme amassée.
Contexte économique difficile
Bien qu’il s’agisse d’un contexte économique difficile pour tout le monde, les organismes communautaires vivent particulièrement durement les contrecoups du manque de financement. Selon Annie Guilmette, directrice générale de la Mine d’Or, « dans les années passées [l’organisme] avait des subventions au niveau du gouvernement provincial pour la main-d’œuvre et aussi une partie des frais inhérents à l’utilisation de La Mine d’Or. Depuis la COVID, il y a eu beaucoup de coupures au niveau des programmes d’employabilité et [la Mine d’Or a] eu un manque à gagner d’à peu près 200 000 dollars par année, aussitôt que le programme de préparation à l’emploi s’est terminé ». Elle explique qu’avant la pandémie, la province était déjà aux prises avec un problème de pénurie de main-d’œuvre, situation qui n’a fait qu’empirer après celle-ci. Selon elle, le gouvernement ne voyait donc plus la logique de subventionner les salaires d’employés en insertion sociale dans les organismes communautaires, alors que les entreprises privées manquaient d’employés. Elle dit avoir reçu l’aide du député d’Ungava, Denis Lamothe, il y a deux ans, afin d’organiser une levée de fonds. Cependant, elle affirme avoir eu de la difficulté à joindre le député plus récemment. Une levée de fonds a cependant été organisée dans les derniers mois, où plusieurs grandes entreprises de la région ont versé de généreuses contributions à l’organisme.
Vente du bâtiment
En vendant la bâtisse dont elle est actuellement propriétaire, la Mine d’Or espère être en mesure de survivre encore quelques années. En fait, selon Mme Guilmette, l’organisme souhaite demeurer locataire de l’espace qu’il occupe présentement pendant au moins un an, mais idéalement de deux à trois ans. Le bâtiment, affiché au coût de 500 000 dollars sur la plateforme Centris, pourrait donc servir à la Mine d’Or encore quelques années, jusqu’à ce que celle-ci n’ait plus les fonds nécessaires pour fonctionner. L’annonce de cette nouvelle rend particulièrement émotive la directrice générale de l’organisme: « Je pense que c’est peut-être un coup qu’on va être fermé ou que ça va être terminé que les gens vont comprendre l’ampleur de ce qu’on offre.»
« Communautaire à boutte »
La Mine d’Or n’est pas le seul organisme de la région à vivre des difficultés associées au contexte économique actuel. À l’échelle provinciale, le mouvement « Communautaire à boutte » vise à dénoncer le sous-financement des organismes communautaires par le gouvernement provincial. Ils seront d’ailleurs nombreux dans la région à prendre part au mouvement de grève, du 23 mars au 2 avril. C’est le cas du Centre de femmes Les Elles du Nord, du Centre de femmes Les Essenti’Elles’, de la Maison de la famille Le Petit Train, de la Maison des jeunes de Chapais et de l’Association À Fleur d’Espoir. Les autres organismes prennent aussi part au mouvement en organisant des activités de revendications, comme une mobilisation devant la place Le Chaînon.

