La Chambre de commerce Chibougamau-Chapais réclame des mesures adaptées aux réalités du Nord-du-Québec

Vincent Meilleur, président de la Chambre de commerce Chibougamau-Chapais veut donner la chance au gouvernement avant de commenter les interventions des élus sur les priorités de la région Nord-du-Québec. (Photo courtoisie)

La Chambre de commerce Chibougamau-Chapais souhaite établir un partenariat étroit avec la nouvelle députée d’Ungava, Sonia Caron, et le prochain gouvernement afin de répondre aux défis économiques et sociaux qui freinent le développement de la région. La rétention des travailleurs étrangers, la lutte contre l’itinérance, l’attraction de nouvelles familles et l’amélioration des services de garde figurent parmi les dossiers prioritaires.

Pour les représentants du milieu économique, la communication et la réactivité de la nouvelle députée constitueront des éléments essentiels pour faire entendre les besoins d’un vaste territoire qui occupe une place importante dans l’économie québécoise, malgré sa faible population.

« On représente peu par rapport à la population, mais on est énorme côté déplacements et territoire. On est une grosse région de ressources naturelles et on a besoin de travailleurs », souligne Vincent Meilleur, président de la Chambre de commerce Chibougamau-Chapais.

L’immigration, un enjeu de main-d’œuvre

Les orientations gouvernementales en matière d’immigration suscitent des inquiétudes chez les gens d’affaires. Plusieurs entreprises nordiques comptent sur les travailleurs étrangers pour maintenir leurs activités.

« Pour certaines entreprises de la région, les travailleurs étrangers ne sont pas un luxe, c’est une nécessité. On s’inquiète de leur capacité à garder ces travailleurs », explique-t-il.

La disponibilité de la main-d’œuvre demeure étroitement liée à la capacité d’attirer de nouveaux résidents et de les inciter à s’établir durablement dans les communautés nordiques.

L’itinérance, une préoccupation grandissante

L’itinérance constitue également une priorité, particulièrement à Chibougamau, où la situation préoccupe les commerçants et les regroupements économiques. D’autres municipalités du territoire connaissent aussi certaines difficultés.

 

Le président insiste sur la nécessité d’apporter une aide durable aux personnes en situation d’itinérance, plutôt que de privilégier des interventions ponctuelles.

« Il faut les aider, pas les chasser. On veut simplement une ville propre et des espaces publics salubres, où les familles peuvent circuler en toute tranquillité », résume-t-il.

Il estime que les services doivent être adaptés aux besoins des personnes concernées, notamment celles qui éprouvent des difficultés à utiliser les ressources déjà disponibles. Chaque amélioration, même modeste, peut contribuer à alléger leur détresse.

Attirer des familles et retenir les travailleurs

Au-delà des permis miniers et de l’exploitation des ressources naturelles, la Chambre de commerce souhaite favoriser l’établissement de nouveaux résidents dans les communautés nordiques.

Le modèle du « Fly-in, Fly-out », qui permet aux entreprises de recruter des travailleurs provenant de l’extérieur, présente certaines limites pour l’économie locale. Ces employés contribuent aux activités des entreprises, mais dépensent souvent une partie importante de leurs revenus ailleurs plutôt que dans les commerces et les services de la région.

L’organisme souhaite donc examiner des mesures incitatives, comme des crédits d’impôt ou des avantages liés à l’établissement en région, afin d’encourager les travailleurs à s’y installer.

Toutefois, l’arrivée de nouvelles familles exige aussi des services adéquats. Le manque de places en garderie et dans les services destinés aux enfants complique le recrutement, notamment lorsque les deux parents souhaitent occuper un emploi.

L’amélioration des conditions de travail dans les services de garde et le développement de places supplémentaires pourraient ainsi contribuer à la fois à l’attraction de familles et à la croissance économique.

Des conditions adaptées aux réalités nordiques

Les chambres de commerce souhaitent également une réflexion sur les conditions de travail offertes aux employés des services publics dans le Nord-du-Québec. Les différences entre certains employeurs et réseaux peuvent compliquer le recrutement et la rétention du personnel.

Vincent Meilleur évoque la possibilité de mesures fiscales particulières ou d’avantages comparables à ceux mis en place dans d’autres régions confrontées à des problèmes similaires de recrutement.

Il reconnaît toutefois que les solutions devront être évaluées par les élus, en fonction des contraintes financières et des priorités gouvernementales.

Faire entendre la voix du Nord

Enfin, la Chambre espère que la diversité du territoire, ses ressources naturelles et son potentiel touristique bénéficient d’une plus grande visibilité à l’échelle québécoise.

Le président espère que le contexte politique permettra aux différents partis de collaborer pour faire progresser les dossiers régionaux. Il se dit confiant quant à l’engagement de la nouvelle députée, déjà impliquée dans la vie de sa communauté, mais demeure prudent quant aux résultats qui pourront être obtenus.

Pour le milieu économique, l’objectif reste clair : obtenir des mesures concrètes qui permettront aux entreprises de recruter, aux familles de s’établir et aux communautés nordiques de se développer durablement.

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