Instable, un premier roman brut et percutant signé par la jeune auteure chibougamoise Mathilde Gagnon

Mathilde a écrit son roman comme on écrit un journal intime : sans réelle censure. Photo : Courtoisie

Avec Instable, la jeune auteure Mathilde Gagnon ouvre une fenêtre rare sur des réalités souvent passées sous silence. Son premier roman, qui prendra vie lors d’un lancement local en décembre, promet de marquer les lecteurs par la franchise de son récit et la force de sa voix littéraire.

Chibougamau accueillera en décembre le lancement d’un premier roman qui risque de faire réagir. À seulement 23 ans, l’auteure locale Mathilde Gagnon publie une œuvre profondément ancrée dans la détresse humaine, mais aussi dans la résilience et le besoin d’exprimer ce qui, trop souvent, demeure tu. Le livre sera lancé le 9 décembre lors d’un évènement réservé aux femmes au centre de femmes Les Elles du Nord, avant de paraitre en librairie dans les semaines suivantes.

Le roman s’ouvre sur une scène qui frappe de plein fouet : une jeune femme gisante sur l’asphalte d’une rue de Chibougamau, après avoir été heurtée par une voiture. Une image choc qui, pour la jeune écrivaine, est loin d’être fortuite. « La première scène, comme tout le reste de mon roman, est inspirée de ma vie personnelle », explique-t-elle. « Ma vie a été remplie d’évènements très troublants dans les dernières années. J’espère saisir les lecteurs, attirer leur attention, piquer leur curiosité et, au fil des chapitres, faire évoluer leur vision sur certains sujets abordés. »

Instable plonge au cœur de réalités sensibles comme la santé mentale, les traumatismes, la violence, la pauvreté, l’intimidation et les centres jeunesse. Mathilde ne cherche ni à enjoliver ni à édulcorer. Au contraire, elle assume une écriture directe et honnête. « J’ai écrit mon roman comme on écrit un journal intime. Sans réelle censure. Fidèle à ce qui s’est passé, aucunement délicat et que dans le réalisme », dit-elle.

L’auteure s’adresse d’abord à ce qu’elle appelle les « âmes perdues ou blessées ». Son récit, tout en douleur et en humanité, rejoint un large éventail de lecteurs, croit-elle. « Une ado pourrait se reconnaitre dans les passages de mon enfance, un homme dans mes passages dépressifs, une femme dans les violences sexuelles. Le roman est destiné à tout public qui souhaite se divertir avec la réalité, bien qu’elle fasse souvent mal. » Son message veut encourager la parole et, ainsi, briser les silences. « Garder tout à l’intérieur, c’est en partie ce qui tue. Le pire dans la vie, selon moi, c’est de mourir intérieurement avant de mourir physiquement. En parlant, on se donne une chance de rester en vie. »

Si Mathilde a grandi à Chibougamau, c’est davantage son propre parcours, marqué par de nombreux bouleversements, qui nourrit son écriture. Adoptée de Chine alors qu’elle était bébé, elle a vécu dans plusieurs régions du Québec avant de revenir s’enraciner dans sa ville natale. « Chibougamau a influencé mes écrits parce que j’y ai grandi, mais ce sont surtout les traumatismes vécus qui ont teinté ma vision de la vie », précise-t-elle.

Le lancement officiel du roman se déroulera le mardi 9 décembre, de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30, au centre de femmes Les Elles du Nord. Cet évènement est réservé aux femmes en cohérence avec la mission du centre. L’auteure souhaite toutefois rencontrer un lectorat plus large et tiendra une seconde activité publique le 11 décembre, dès 17 h 45, au Maître Renard. « J’espère que les échanges seront gentils, courtois et constructifs. J’espère que ce sera le début de nouvelles ouvertures de dialogue pour beaucoup de personnes », dit-elle.

Mathilde Gagnon signe un premier roman sans fard, porté par une urgence de dire et de comprendre. Une œuvre personnelle, mais qui résonnera certainement bien au-delà de son propre vécu.

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