« Il s’agit d’un environnement à protéger, qui rappelle la place relative de l’humain dans un ensemble plus vaste. Chaque montée, chaque descente, combinée aux écarts de température, transforme graduellement le décor de la forêt boréale vers la taïga », relate l’aventurier Petit Donnie, Français d’origine établi à Ottawa. En plein hiver, il a relié Montréal à Chisasibi à vélo.
Le trajet totalise 1 355 kilomètres, parcourus en autonomie complète, avec des nuits sous la tente et sans chauffage. Pendant 17 jours, il a enchainé les étapes. « Certaines journées dépassaient les 100 kilomètres. À l’occasion, les distances grimpaient jusqu’à 130, voire 140 kilomètres. »
Le contact humain marque aussi le parcours. « Les rencontres avec les Cris et les communautés locales apportent une richesse particulière. Ils décrivent leur territoire de chasse et de pêche avec une précision remarquable. Ce territoire les nourrit et structure leur quotidien. Leur lien avec la nature s’inscrit dans une continuité ancestrale. Les paysages frappent par leur ampleur », souligne-t-il.
Autres exploits
Petit Donnie multiplie les expéditions depuis quelques années. Connu au Québec dans les cercles d’aventure, il cumule plusieurs défis à vélo. L’un des plus marquants demeure une traversée de l’Est canadien sur environ 6 000 kilomètres, réalisée en quatre mois, incluant le Labrador, Terre-Neuve, les provinces maritimes et la Gaspésie, dans des conditions hivernales soutenues. « Le départ s’est effectué à la fin de septembre 2025, avec une arrivée le 5 janvier 2026. »
Ses périples circulent largement sur les réseaux sociaux, notamment sur sa chaine YouTube. Sans statut de célébrité, cet aventurier contemporain rassemble un public fidèle. Il documente ses trajets à l’aide d’images captées, entre autres, par drone, offrant des points de vue rarement accessibles.
Pourquoi l’hiver
À la question du choix de la saison, la réponse ne tarde pas. « L’hiver m’attire. Cette période offre des possibilités souvent sous-estimées. Le message reste simple : bouger, jouer dehors et maintenir une activité physique malgré le froid. Plusieurs attendent le retour du printemps ou de l’été avant de sortir, alors que l’hiver permet aussi des expériences riches. »
Matériel minutieusement choisi
Dans un tel contexte, la préparation matérielle conditionne la réussite. Petit Donnie transporte l’ensemble de son équipement, sélectionné avec précision. « En hiver, chaque pièce d’équipement joue un rôle crucial. Le choix du matériel prend une dimension encore plus importante. L’objectif consiste à maintenir une autonomie complète, incluant la capacité de dormir à des températures de -25 degrés Celsius, parfois inférieures. Aucun système de chauffage ne m’accompagne sous la tente, en raison des risques d’incendie. L’ensemble, vélo compris, atteint environ 45 kilos. »
Ce dernier défi a également permis de remettre 3 000 $ à Enfant Soleil. L’aventurier conclut en évoquant la suite. « D’autres projets prennent forme. L’objectif demeure clair : consacrer davantage de temps à l’aventure. »


