Le gouvernement du Québec a annoncé, en décembre dernier, la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui permettait à des travailleurs étrangers temporaires et à des étudiants étrangers diplômés de la province, d’obtenir le Certificat de sélection du Québec pour la résidence permanente.
Controverse à l’échelle provinciale
Depuis le début du mois, la décision du gouvernement du Québec de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise fait couler beaucoup d’encre. Cette décision, qui visait initialement à resserrer les seuils migratoires, se heurte désormais à une résistance farouche des milieux économiques et municipaux, particulièrement dans les régions ressources où la main-d’œuvre se fait rare. La situation évolue de jour en jour et vu l’opinion publique défavorable, l’enjeu s’est rapidement incrusté dans la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Christine Fréchette et Bernard Drainville, les deux candidats dans la course, multiplient les promesses en lien avec la fin du programme, mais le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, ne compte pas changer son fusil d’épaule d’ici l’élection d’un chef à son parti. En entrevue sur les ondes du 98,5 FM, le ministre Roberge n’a d’ailleurs pas été en mesure de nommer une seule personne ou groupe qui appuyait son gouvernement dans sa démarche. Selon la mairesse de Chibougamau, Nichèle Compartino, « cette non-réponse est assez éloquente ». C’est dans ce contexte que l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé le mouvement des cœurs bleus, visant à mobiliser les élus municipaux autour d’un symbole commun afin de dénoncer les effets des changements aux politiques migratoires sur les personnes immigrantes déjà établies au Québec.
Chibougamau répond à l’appel
La mairesse de Chibougamau, Nichèle Compartino, a publié sur ses réseaux sociaux, le 6 février dernier, une vidéo où elle arbore ledit cœur bleu. Dans celle-ci, elle affirme que « si Québec et Ottawa saisissent bien la réalité d’une région comme la nôtre, ils doivent absolument mettre en place une clause de droit acquis pour ces travailleurs-là, puis également mettre en place des mesures transitoires pour nos travailleurs étrangers et temporaires. On a réellement besoin de ces gens-là ici ». En entrevue, Mme Compartino rappelle que près du tiers de la main-d’oeuvre de Chantiers Chibougamau, entreprise établie dans trois des quatre villes jamésiennes, provient de l’immigration. Elle mentionne que « si notre moteur économique [Chantiers Chibougamau] s’essouffle, je peux vous dire que, comme ville, on va avoir très mal à la tête ». Mme Compartino poursuit en affirmant que les services de proximité subiront, eux aussi, les contrecoups de l’abolition du PEQ, notamment en ce qui a trait à la restauration rapide et à nos épiceries. Les services publics seront aussi affectés, notamment l’hôpital, pour qui « l’immigration est absolument essentielle », selon la mairesse. Même son de cloche du côté de Chapais. Le maire de la municipalité, Jacques Fortin, a mentionné, dans une entrevue, que « dans les grands centres, ils se plaignent qu’il y a beaucoup d’immigrants, mais nous autres, chez nous, on aimerait bien ça en avoir parce que des travailleurs, ça nous en prend. »


