Glacies Technologies, une compagnie basée à Sherbrooke, vient de recevoir un financement fédéral de 5 M$ pour développer un système de chauffage et de ventilation à faible empreinte carbone, qui sera testé dans une mine du Nunavut.
« C’est l’équivalent d’un canon à neige dans un système de ventilation, résume le président directeur général de la compagnie, Maxim Bergeron. On vient projeter des gouttelettes d’eau […] puis, vu que les gouttelettes d’eau sont en contact avec de l’air qui est en dessous de zéro degré Celsius, l’eau se transforme en glace. Ça libère énormément de chaleur. […] C’est un peu le secret de la technologie. Tout ce qu’on a besoin de faire, c’est de pomper un petit peu d’eau. C’est le seul apport énergétique qu’on donne au système. »
Le marché convoité par la compagnie, c’est celui des mines souterraines dans un climat arctique ou sous-arctique, mais aussi de l’Abitibi, d’Eeyou Istchee Baie-James « On peut parler du Canada, des États-Unis, de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. », souligne le PDG de Glacies Technologies. […] Si tu as un hiver et qu’il fait moins 15°C durant l’hiver, il faut que tu chauffes ton air. La seule façon que c’est fait présentement, c’est en brulant du gaz. Nous, on vient remplacer une partie de la consommation de carburant pour chauffer l’air. »
Un agenda pluriannuel
Le système de la compagnie sera testé à petite échelle à Sherbrooke durant l’hiver 2026-2027, puis à la mine d’or Goose, de B2Gold au Nunavut, encore une fois à petite échelle, puis ajusté à la taille de l’infrastructure, à une date qui reste à déterminer. Il s’agit d’un projet s’étalant sur plusieurs années, où les investissements dépassent la subvention fédérale et où d’autres partenaires financiers sont impliqués. Mais Maxim Bergeron est avare de détails sur ce sujet.
Les tours de chauffage pour le sud du Québec et pour l’Arctique diffèrent, précise Maxim Bergeron. Les défis technologiques ne sont pas pareils mais, fondamentalement, c’est le même système. La validation au Nunavut comporte beaucoup de contraintes de transport et de temps. « Des conditions beaucoup plus ardues que 95 % de notre marché », dit-il.
Par-delà le niveau de difficulté, le PDG élabore sur le contexte d’installation de sa technologie dans le site d’extraction aurifère. « Le système de chauffage de la mine est déjà opérationnel et autonome. Ce qu’on fait, c’est qu’on va permettre de donner des économies à la minière, des économies de gaz, puis réduire leurs émissions de CO2. »
La mine Goose, qui est entrée en production en juin 2025, est censée produire entre 170 000 et 230 000 onces d’or en 2026.
Financement d’infrastructures au Nunavut
Le financement accordé à Glacies Technologies a été annoncé le 20 mai dernier par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, en même temps qu’un investissement de 50 M$ pour un projet de route et de port à Grays Bay, au Nunavut, dans un secteur doté d’un potentiel minier dans le cuivre et le zinc.
« Toutes les annonces qu’on voit présentement par rapport à des permis qui sont octroyés pour des mines, au financement offert pour supporter des projets de développement dans le Nord, on prend ça sérieusement, commente Maxim Bergeron. Le développement de notre territoire, qui inclut aussi le Nord du Canada, c’est important qu’on le fasse. […] C’est le Canada qui prend part au le développement de ses ressources dans le Nord. Cette stratégie, elle est sur plein de volets. Un des volets, c’est l’autonomie énergétique. Nous autres, on s’inscrit dans l’autonomie énergétique des sites qui vont être très éloignés, dans des conditions arctiques. »


