Alors que les habitations à loyer modique (HLM) de plusieurs régions du Québec croulent sous un déficit important de maintien d’actifs, les établissements de l’Office municipal d’habitation de Chibougamau-Chapais font bonne figure.
Trois établissements sur quatre en bon état
La région de Chibougamau-Chapais fait bonne figure en matière de logement social. Avec 77,4 % de ses habitations à loyer modique (HLM) jugées dans un état satisfaisant, la région surpasse largement la moyenne provinciale établie à 65,8 %. Cette situation globale enviable ne cache toutefois pas la réalité d’une portion du parc immobilier. Sur les 208 unités d’HLM de la région, 47 unités, toutes situées à Chibougamau (soit 23 % des immeubles), se trouvent encore dans un état jugé mauvais ou très mauvais. Construits il y a quarante ou cinquante ans, elles possèdent une isolation et une insonorisation désuètes, avec des portes et fenêtres vieillissantes. Le déficit d’entretien de ces bâtiments est évalué à environ 5,19 millions de dollars par la SHQ. Selon Patricia Viannay, coordonnatrice à la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec, malgré leur mauvais état, ces logements ne sont pas insalubres, les pires ayant déjà été détruits.
Projet Renaissance
Même si la région compte peu de logements en mauvais état, le projet Renaissance de l’Office municipal d’habitation de Chibougamau-Chapais permettra de réduire à presque rien le nombre de logements se trouvant dans le bas du classement. Ce projet prévoit la démolition et la reconstruction de 50 unités d’HLM à Chibougamau. Le cout de cette opération, initialement estimé à 23,7 M$, a grimpé pour atteindre 33,7 M$. Patricia Viannay explique cette flambée par le contexte économique actuel. « La crise du logement, ça vient chercher les mêmes entrepreneurs, ceux qui construisent, ceux qui rénovent, ce sont tous les mêmes travailleurs. Donc, il y a une pénurie de main-d’œuvre […] ; tout fait que les prix augmentent sans arrêt. » Même si l’enveloppe de 33 M$ est garantie pour ce projet, l’absorption de ces hausses laisse moins de fonds pour les autres régions de la province. À l’échelle du Québec, la SHQ évalue à 1 milliard de dollars le déficit de maintien des actifs. C’est précisément la somme que Québec et Ottawa se sont engagés à injecter d’ici 2028, selon les modalités de leur entente de 2,2 milliards de dollars signée en 2020. Devant l’explosion généralisée des couts de construction, la coordonnatrice de la FLHLMQ se montre catégorique quant à l’avenir. « Il faut absolument que le Québec retourne s’assoir avec Ottawa, puis demande une prolongation de l’entente parce qu’on va avoir besoin d’argent supplémentaire. »
Malgré le fait que le financement soit approuvé et que le projet Renaissance aille de l’avant, l’Office municipal d’habitation doit être en mesure de reloger temporairement les occupants des immeubles qui seront démolis pour être reconstruits à neuf. « L’enjeu, c’est que, pendant les travaux majeurs, où est-ce qu’on met les gens ? […] Il y a une pénurie de logements pour toutes les classes sociales. Puis, si on démolit le logement, il faut reloger la famille pendant le temps des travaux. Ça, c’est un beau casse-tête », conclut la coordonnatrice de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique.
Bas de vignette 1 : Les logements en mauvais état seront démolis dans le cadre du projet Renaissance. Photo : Gracieuseté
Bas de vignette 2 : Les trois quarts des logements de l’OMH sont en bon état. Photo : Gracieuseté
Bas de vignette 1:
Bas de vignette 2: Les trois quarts des logements de l’OMH sont en bon état. Photo: Gracieuseté


