Relier Renard et Adina

Sur Linkedin, le PDG de LIFT, Francis McDonald, explique que reprendre le projet de Winsome, c’est-à-dire utiliser les infrastructures de Renard pour traiter le lithium d’Adina, permettra de gagner du temps et d’économiser de l’argent. (Linkedin)

Pour que la reprise de la mine Renard par LIFT soit un succès, il faut la relier par route au site de lithium Adina, selon le directeur de l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ), Alain Poirier.

Le 14 juillet, la Cour supérieure du Québec a autorisé l’option d’achat du site minier Renard par la compagnie LIFT, basée en Colombie-Britannique. LIFT veut utiliser les infrastructures déjà sur place pour traiter le spodumène du lithium du projet Adina, situé au nord de Renard. La compagnie reprend le plan de Ressources Winsome, qui était le promoteur d’Adina, et qui avait acquis une option d’achat pour les actifs de la mine Renard au printemps 2024.
En raison du « contexte actuel du marché », avait plus tard commenté Winsome, la minière avait décidé d’abandonner Renard et l’avait annoncé le 29 juillet 2025. En décembre, elle avait annoncé qu’elle fusionnait avec LIFT.

LIFT peut exercer l’option d’achat pour 1$ pendant une période de deux ans, qui se terminera le 23 juin 2028, à moins d’une prolongation avec les parties, Diamants Stornoway et Restructuration Deloitte. Cette période, peut-on lire dans le communiqué de la minière, « doit servir à confirmer la faisabilité technique, économique, environnementale et sociale de la conversion de Renard pour le traitement du lithium, à déterminer la structure de transaction optimale et à négocier des contrats d’acquisition définitifs ».
L’extraction de diamants n’est évoquée nulle part.

Les conditions de réussite

En tête de liste des conditions gagnantes pour que LIFT exerce son option d’achat, hormis évidemment, le marché du lithium, le directeur de l’AEMQ, Alain Poirier, place l’érection d’une route d’environ 70 km.
« C’est l’enjeu principal, dit-il. Ça va prendre du camionnage pour emmener à Renard le minerai extrait pour qu’il soit traité. Ensuite, ça permet de partir de Renard et de se rendre à Chibougamau, versus utiliser la Transtaïga et la Billy-Diamond pour se rendre à Matagami. Il y a un effet de kilométrage assez important. »

« L’usine de Renard est structurée pour faire du diamant, ajoute le directeur général de l’AEMQ, mais il y a des infrastructures qui sont là, l’aéroport, le campement. C’est déjà un site qui est impacté. Convertir l’usine pour le lithium, ce sont des couts, mais beaucoup moins que de construire une infrastructure neuve au complet. »

À ces conditions de succès, M. Poirier ajoute la logistique du transport du concentré de lithium vers le sud, l’approvisionnement énergétique et, évidemment, le financement.
L’AEMQ souhaite que le site Renard, « important, flambant neuf » et ayant déjà un impact au sol, puisse bénéficier encore de nombreuses années d’existence.

Sauver des délais

Le temps, l’argent et l’énergie qu’il faut pour qu’une mine entre en opération sont considérables. Dans cette optique, avec toutes les étapes franchies à Renard, la présidente-directrice générale de l’Association minière du Québec (AMQ), Emmanuelle Toussaint, espère aussi que l’option d’achat de LIFT se réalise, plutôt que de tout recommencer à Adina.
Mme Toussaint prend en considération l’intégration et la communication avec les communautés locales et les fournisseurs, déjà établies, l’utilisation d’infrastructures déjà existantes qui permettent de gagner du temps, de réduire les dépenses et l’empreinte environnementale.

On retrouve tout ça à la mine Renard, analyse la PDG de l’AMQ. On sauve des délais, des couts et l’empreinte environnementale.
« Ce ne sont pas les mêmes procédés d’extraction et de première transformation, concède-t-elle, […], mais lorsqu’on pense à des éléments comme le campement, la route permanente, le côté aéroportuaire et même possiblement le concentrateur, les infrastructures et beaucoup d’équipements peuvent être réutilisés. »

La part du Québec

Le Québec, qui a déjà investi des centaines de millions dans le prolongement de la route et dans la mine Renard, devrait-il injecter de nouvelles sommes dans une route reliant Adina et Renard? Sans répondre directement, Emmanuelle Toussaint affirme que, si le Québec veut être un joueur important du côté des minéraux critiques et stratégiques, des infrastructures sont nécessaires. « Surtout si elles peuvent servir à d’autres utilisations », précise-t-elle.

Elle souligne en outre les retombées économiques de tels investissements. « Dans le dernier rapport qu’on a sorti […], basé sur les données de 2022, on parlait d’une contribution au PIB de 12 milliards de dollars, seulement pour les membres de l’AMQ et leurs fournisseurs. »

Couts de surveillance et d’entretien

Pendant la période d’option, la responsabilité de la surveillance, de l’entretien du site minier, évaluée annuellement à 18 M$, est attribuée à LIFT, qui devra en outre, s’occuper plus tard de la fermeture et de la remise de Renard.

LIFT se concentre sur l’acquisition, l’exploration et l’exploitation du lithium. Son projet phare est le Yellowknife Lithium Project, aux Territoires du Nord-Ouest.
La compagnie n’a pas retourné les communications de La Sentinelle.

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