Chibougamau réclame le maintien de la liaison d’autobus avec Saint-Félicien

La Ville de Chibougamau désire intervenir auprès de Québec pour maintenir la liaison en autobus d’Intercar entre Saint-Félicien et Chibougamau. (Photo courtoisie Intercar)

La Ville de Chibougamau demande au Gouvernement du Québec de revoir le financement du transport interurbain afin d’assurer la pérennité de la liaison par autobus entre Saint-Félicien et Chibougamau, assurée par Intercar. Réunis en assemblée extraordinaire le lundi 26 octobre, les membres du conseil municipal ont adopté à l’unanimité une résolution réclamant le maintien de ce service, qu’ils jugent essentiel pour la population du Nord-du-Québec.

La démarche fait suite à la demande déposée par Intercar auprès de la Commission des transports du Québec (CTQ) en vue d’obtenir l’autorisation de supprimer définitivement cette liaison. Pour les élus de Chibougamau, une telle décision aurait des conséquences importantes sur la mobilité des citoyens et leur accès à différents services.

Un service essentiel pour la région

Dans sa résolution, le conseil municipal souligne que le transport interurbain permet notamment aux résidents de Chibougamau de se rendre à des rendez-vous médicaux, d’accéder à des services spécialisés et de fréquenter des établissements d’enseignement supérieur situés à l’extérieur de la région.

La liaison revêt également une importance particulière pour les personnes qui ne possèdent pas de véhicule ou qui ne peuvent conduire. Les étudiants qui poursuivent leurs études ailleurs comptent notamment parmi les usagers susceptibles de subir les conséquences d’une interruption du service.

Les élus estiment ainsi que le maintien du transport interurbain ne devrait pas dépendre uniquement de la rentabilité commerciale d’un trajet. Les grandes distances, la faible densité de population et les particularités géographiques des régions éloignées compliquent l’exploitation de certaines liaisons, même lorsque celles-ci répondent à des besoins importants.

Un financement à revoir

Au-delà du dossier d’Intercar, la Ville de Chibougamau souhaite ouvrir le débat sur le modèle québécois de financement du transport interurbain par autocar.

La résolution s’appuie notamment sur une étude publiée en novembre 2023 par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Selon les données citées dans le document municipal, le nombre de départs hebdomadaires d’autocars interurbains au Québec est passé de 6 090 en 1981 à 882 en 2023, une diminution marquée alors que la population québécoise progressait de 34 % durant la même période.

Le conseil municipal remet également en question un modèle fondé sur la compensation des trajets déficitaires par les revenus générés sur les liaisons plus rentables. Selon les considérations exposées dans la résolution, ce mécanisme ne suffit plus à assurer le maintien du réseau depuis plusieurs décennies, sans qu’une réforme durable du financement ait été mise en place.

La Ville souligne par ailleurs que le transport interurbain repose principalement sur la vente de billets, contrairement au transport collectif urbain, qui bénéficie de programmes de soutien public plus importants. En 2022, le volet consacré au transport interurbain par autocar représentait moins de 0,5 % des sommes accordées dans le cadre du Programme d’aide au développement du transport collectif, selon les chiffres repris dans la résolution.

Chibougamau demande plutôt des mécanismes de financement récurrents, prévisibles et adaptés aux réalités des régions éloignées.

Québec appelé à intervenir

 

Par sa résolution, le conseil municipal demande au gouvernement de reconnaitre le transport interurbain par autocar comme un service public, au même titre que le transport collectif urbain. Il réclame également une répartition des ressources qui tienne compte des réalités géographique, démographique et socioéconomique des territoires desservis, plutôt que de la seule rentabilité des liaisons.

Les élus souhaitent aussi que Québec mette en place des mesures transitoires, en collaboration avec les transporteurs et les partenaires régionaux, afin d’éviter une interruption du service entre Saint-Félicien et Chibougamau.

La municipalité insiste enfin sur la nécessité de ne pas transférer aux villes le fardeau financier du maintien de ces liaisons. Elle considère que le gouvernement provincial doit assumer un rôle déterminant dans leur planification et leur pérennité.

La résolution unanime a été transmise au premier ministre du Québec, au ministre des Transports, de la Mobilité durable et des Affaires municipales, au ministre responsable du Nord-du-Québec, à la députée d’Ungava, à la Commission des transports du Québec et à Intercar.

La demande de Chibougamau place ainsi le maintien de la liaison régionale dans un débat plus large sur l’accès aux services et l’équité territoriale, alors que les communautés éloignées cherchent à préserver leurs moyens de déplacement vers les grands centres.

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