L’absence du permis environnemental de l’exploration souterraine à la mine Windfall de la minière Gold Fiels retarde les investissements et pourrait repousser l’échéancier de la mine à 2029. Le développement économique de Lebel-sur-Quévillon demeure en partie tributaire de ce projet évalué à près de 3 milliards de dollars, situé à 115 km à l’est de la municipalité.
Alors que le démarrage des travaux était initialement envisagé pour 2026, l’absence du permis environnemental nécessaire empêche toujours le projet de franchir une étape déterminante. Cette situation entraîne des retards et freine plusieurs initiatives économiques locales.
Selon le maire Guy Lafrenière, le projet attend toujours l’autorisation environnementale requise. Une réunion du Comité d’examen des répercussions sur l’environnement et le milieu social (COMEX) doit avoir lieu dans les prochains jours. Si les dernières étapes réglementaires progressent comme prévu, une décision pour réactiver le projet pourrait survenir rapidement.
« Depuis le mois de juin, j’attends qu’ils obtiennent le permis », explique-t-il, en soulignant les répercussions de cette attente sur les entreprises et les investissements dans la municipalité.
Des entreprises dans l’attente
L’incertitude entourant le projet minier complique notamment l’implantation de nouvelles entreprises dans le parc industriel de Lebel-sur-Quévillon. Des entrepreneurs intéressés par l’achat de terrains préfèrent patienter avant de prendre une décision, souhaitant d’abord confirmer la réalisation de la mine et les possibilités d’affaires qui en découleraient.
La situation touche également des bâtiments commerciaux actuellement inoccupés. Des acheteurs potentiels envisagent de reprendre certaines de ces installations dans l’espoir de fournir des biens et des services à la future exploitation minière. « Ils veulent être sûrs qu’il y aura le projet minier », résume le maire.
Les conséquences se font aussi sentir chez les travailleurs et les sous-traitants. Certains employés liés à des entreprises contractantes se retrouvent en chômage en attendant la reprise ou le démarrage de contrats associés au développement minier.
La municipalité souhaite donc obtenir rapidement une réponse afin de permettre aux entrepreneurs de planifier leurs investissements et de mieux anticiper les besoins de main-d’œuvre.
Mise en service possiblement repoussée
L’échéancier initial prévoyait l’obtention du permis en juin 2026, ce qui aurait permis d’entreprendre la construction cette année. Selon les prévisions évoquées en entrevue, les travaux auraient nécessité environ deux ans, pour une mise en service vers la fin de 2028.
Le retard actuel pourrait toutefois repousser l’ouverture de la mine à l’été 2029. Cette perspective demeure conditionnelle à l’obtention des autorisations et à la progression des étapes préparatoires.
« C’est sûr que le projet va être retardé d’au moins six mois », estime-t-il en rappelant également les contraintes liées à la construction dans le Nord-du-Québec pendant l’hiver.
L’attente touche d’autres projets locaux. Des travaux importants concernant l’aéroport ainsi qu’un projet de construction de bureaux administratifs de la minière demeurent notamment liés aux retombées attendues de l’exploitation minière.
Pour Lebel-sur-Quévillon, le début de la construction représenterait un signal concret pour les investisseurs et les entreprises qui souhaitent se positionner afin de profiter des occasions d’affaires.
Réponses environnementales attendues
Le retard s’expliquerait notamment par les étapes d’analyse environnementale et les questions soulevées durant le processus d’examen public. Des audiences ont eu lieu, et des renseignements complémentaires devaient être fournis par le promoteur.
D’après les informations communiquées au maire, les réponses aux questions environnementales auraient été transmises au cours de l’été, possiblement en août. Il reste toutefois à confirmer que le dossier répond à toutes les exigences nécessaires à la délivrance du permis.
« Une entente avec la communauté crie de Waswanipi a par ailleurs été signée le 2 juin. Cette entente constitue une étape du dossier, mais elle ne remplace pas les autorisations environnementales exigées. »
Guy Lafrenière espère maintenant une décision favorable dans les prochaines semaines. Il reconnaît néanmoins que la délivrance du permis demeure hors de son contrôle. D’ici là, les entrepreneurs et les investisseurs devront patienter avant de concrétiser certains projets. Pour la municipalité, l’enjeu dépasse la construction d’une mine : il concerne aussi la relance des activités économiques, l’occupation des locaux commerciaux et la création de nouvelles occasions d’emploi.

