Charles Milliard à Chibougamau : les élus réclament un « filtre nordique »

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, était de passage à Chibougamau le 28 septembre, en compagnie de sa candidate locale, Sandrine Rioux, afin de rencontrer des élus municipaux ainsi que différents acteurs du milieu. La rencontre, qui s’est notamment déroulée autour d’un dîner au Borée, a permis aux représentants de plusieurs municipalités du Nord-du-Québec de présenter les enjeux auxquels leurs communautés sont confrontées.
Pour Charles Milliard, l’occupation du territoire et le développement des régions doivent demeurer au cœur de l’action gouvernementale.
« Je suis un allié de l’occupation du territoire », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il croit « en la force du secteur primaire ».
Selon le chef libéral, le maintien d’une population dans les régions passe notamment par la capacité à offrir des services et des milieux de vie qui répondent aux besoins des citoyens.
« Ça passe par la valorisation des secteurs qui sont en activité dans la région. Il faut des services et des beaux milieux de vie », a-t-il affirmé.
Les maires présents ont été invités à exposer les principaux défis auxquels font face leurs municipalités.
À Lebel-sur-Quévillon, le maire Guy Lafrenière a notamment soulevé les enjeux liés aux permis miniers et à l’immigration. À Matagami, René Dubé a présenté la situation d’une « ville minière sans mine », ainsi que les difficultés entourant la cour de transbordement, qui aurait été laissée à l’abandon au fil des années.
Du côté de Chapais, le maire Jacques Fortin a notamment abordé les enjeux démographiques, le phénomène du « fly-in fly-out » et la pression exercée par les taxes municipales sur les citoyens.
À Chibougamau, la mairesse Nichèle Compartino a insisté sur les conséquences du déclin démographique pour les municipalités.
« Quand quatre villes perdent 50 % de leur population, les défis financiers qui se déploient devant nous donnent le vertige. Le déclin de la population vient avec un déclin des services et de leur qualité », a-t-elle déclaré.
Elle estime que la situation nécessite une volonté politique soutenue à Québec. « Il faut une obstination et un entêtement de la part d’un ou d’une première ministre. Sans ça, on n’y arrivera pas. »

Un statut particulier réclamé
La question d’un statut particulier pour les municipalités nordiques a également été abordée au cours de la rencontre. Les élus souhaitent notamment que les réalités propres au Nord-du-Québec soient davantage prises en compte dans les décisions gouvernementales.
« Ça nous prend un filtre nordique qui permet de toujours garder en tête notre démographie et notre cohérence », a soutenu Nichèle Compartino.
Les relations entre Jamésiens et Cris, ainsi que l’accès aux services pour les familles et les enfants, ont également fait partie des discussions.
Pour Marie-Claude Brousseau, directrice générale de l’Administration régionale Baie-James, les services de garde constituent un enjeu important pour l’attractivité de la région.
« Les garderies sont de gros enjeux. Les gens quittent la région à cause des enjeux liés à la famille », a-t-elle affirmé.
La question de l’accès aux services a également été soulevée par rapport à la capacité de retenir les résidents dans les communautés nordiques. Selon les échanges rapportés lors de la rencontre, plusieurs citoyens souhaitent pouvoir bénéficier de services comparables à ceux auxquels ont accès les populations des grands centres, tout en continuant de vivre dans leur communauté.

Davantage de retombées pour les régions
Charles Milliard a pour sa part insisté sur l’importance des ressources naturelles dans l’économie québécoise et sur la nécessité que les régions qui les exploitent puissent en tirer davantage de retombées.
« Je veux que l’argent qui vient des ressources premières revienne aux gens qui se donnent le trouble de les exploiter », a-t-il déclaré.
Le chef libéral a également évoqué la modernisation du secteur forestier et une réforme du régime minier parmi les dossiers devant être considérés pour favoriser le développement économique régional.
« Est-ce qu’on est sérieux quand on dit qu’on veut habiter le Québec ou pas ? », a-t-il lancé.
La visite de Charles Milliard à Chibougamau comprenait également une rencontre avec Chantiers Chibougamau. À cette occasion, il a fait part de son intention de revoir le soutien financier accordé aux entreprises forestières régionales.
Pour les élus rencontrés, l’enjeu demeure toutefois plus large que le développement économique. Ils souhaitent que l’occupation du territoire, les services, la démographie et les conditions de vie soient considérés conjointement dans les décisions gouvernementales qui touchent les municipalités nordiques.

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