La Chambre de commerce Chibougamau-Chapais lance un appel à la population afin de signaler les situations et les comportements qui contribuent à la détérioration des espaces publics. La présence de déchets et de détritus laissés au sol soulève notamment des préoccupations environnementales, particulièrement dans certains secteurs fréquentés, dont la plage et les abords du lac Gilman.
À cette problématique s’ajoutent des vols à répétition qui incitent certains commerçants à maintenir leurs portes verrouillées pendant les heures d’ouverture. Une situation qui entraîne des répercussions sur la qualité des milieux de vie et sur l’activité commerciale.
Dans une publication diffusée sur la page Facebook de la Chambre de commerce, l’organisme rapporte plusieurs situations observées au cours des derniers mois, notamment la consommation d’alcool et de drogues dans les espaces publics, l’ivresse, des gestes ou exhibitions à caractère sexuel, des personnes qui font leurs besoins sur la voie publique, des vols et diverses autres incivilités.
Le président de la Chambre de commerce Chibougamau-Chapais, Vincent Meilleur, affirme que le phénomène perdure depuis plusieurs mois et qu’il semble prendre de l’ampleur. Lorsqu’on lui demande à quelle fréquence ces comportements surviennent, sa réponse ne laisse place à aucune ambiguïté : « Ça se passe tous les jours. »
Il tient toutefois à distinguer les personnes en situation d’itinérance de celles qui adoptent des comportements problématiques dans les lieux publics.
« Les itinérants sont gentils. Ils ne volent pas. Ils disent bonjour et paient leurs achats. »
Selon lui, les vols commis dans les commerces représentent une problématique distincte. « De plus, ceux qui volent les commerçants, on ne peut pas les attraper par le collet. »
Encourager les signalements
Vincent Meilleur invite la population à signaler les comportements problématiques lorsqu’elle en est témoin. « Ne rien faire et demeurer passif, c’est la pire chose à faire. Même si on pense qu’une dénonciation ne donnera rien, l’accumulation des gestes répréhensibles permet aux policiers, en fin de compte, de déposer des accusations. »
Il explique que les policiers peuvent accumuler les informations provenant de différents signalements afin de constituer un dossier. « Les policiers n’envoient pas tous les cas en justice. Ils montent un dossier et, lorsqu’il devient suffisamment étoffé, ils le transmettent au procureur. Donc, plus il y aura de dénonciations, plus vite ils pourront intervenir légalement. »
Des commerces qui gardent leurs portes verrouillées
Les vols répétés auraient également des conséquences directes sur certains commerces. Des commerçants, notamment des dépanneurs, doivent garder leurs portes verrouillées pendant les heures d’ouverture.
« Plusieurs de nos commerçants, comme les dépanneurs, connaissent une baisse significative de leur chiffre d’affaires. Parfois, des clients qui cognent à la porte rebroussent chemin parce que le commis est en train de faire payer une autre personne », explique le président.
Au centre commercial, Vincent Meilleur affirme également que l’on observe régulièrement des groupes de personnes intoxiquées. « Certains invectivent des passants en hurlant. Des gens ne veulent plus se rendre au centre d’achat. »
Il rapporte également des situations concernant les déchets provenant de commerces de restauration. « Les poubelles des restaurants se font vider. Même le frigidaire du Carrefour communautaire, qui vise à venir en aide aux gens démunis, se retrouve vidé par des individus qui sont sur le party. Finalement, les gens qui en ont besoin n’y ont plus accès. »
Pour la Chambre de commerce, ces comportements soulèvent donc des enjeux qui dépassent la seule question de la sécurité. La dégradation des espaces publics, l’accumulation de déchets et la difficulté pour certains citoyens d’utiliser normalement les lieux collectifs constituent également des préoccupations environnementales et sociales.
Des interventions ambulancières
Vincent Meilleur soulève par ailleurs la question de l’utilisation des services ambulanciers par des personnes intoxiquées ou en état d’ébriété avancé. « Le monsieur qui vit une crise cardiaque doit parfois attendre après l’ambulance qui se déplace pour cette catégorie de patients », avance-t-il.
Il rappelle finalement que les signalements peuvent également jouer un rôle dans le suivi des personnes soumises à des conditions judiciaires. « Sachez qu’un individu en probation avec l’obligation de garder la paix et de maintenir une bonne conduite pourrait se retrouver en bris de conditions à la suite de votre déclaration », conclut Vincent Meilleur.


