La Ville de Chapais poursuit ses démarches pour faire avancer son projet de Centre industriel minier, une infrastructure qui pourrait, selon l’administration municipale, contribuer à la diversification économique de la municipalité et soutenir le développement minier dans l’ensemble du Nord-du-Québec.
Le projet de CIM de Chapais est bien plus qu’un quai de chargement. Il est conçu comme un site multiusager regroupant des entrepôts, des ateliers, des réservoirs de carburant, des silos, des dômes pour les produits en vrac ainsi que des aires de dépôt pour la machinerie hors norme avant son montage et son expédition vers les sites miniers.
Dans ses représentations, la Ville souhaite que la Société du Plan Nord évalue objectivement les deux projets envisagés dans la région, en tenant compte de leur faisabilité, de leur portée stratégique, de leurs retombées économiques potentielles et des contributions déjà apportées aux communautés dans un principe d’équité et de leur vitalité économique respective.
L’administration municipale s’appuie sur deux études financées par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et par la Société du Plan Nord. Selon l’étude économique, réalisée par la Table jamésienne de concertation minière, le site proposé par Chapais serait le plus approprié de la région. L’étude de caractérisation, réalisée par le Groupe Conseil UDA, confirme pour sa part que le terrain répond aux normes d’un site industriel du type requis et qu’aucune contamination n’y a été relevée.
L’emplacement envisagé à Chapais constitue l’un des principaux arguments avancés par la municipalité. D’une superficie d’environ 2,5 km sur 1 km, à l’intérieur des limites de la ville, le site est déjà desservi par le chemin de fer du CN et se trouve au croisement des chemins hors norme vers le nord et vers le sud, à proximité de la route 113. Il permettrait ainsi de répondre aux besoins particuliers du transport minier, tout en limitant les répercussions sur les usagers du réseau routier régulier.
La Ville indique également avoir entrepris des discussions avec plusieurs minières, ainsi qu’avec Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne pour les concentrés de cuivre dans ce cas. Des rencontres ont aussi eu lieu avec la communauté crie d’Oujé-Bougoumou et le Bureau des grands projets fédéral. Une rencontre avec le CN est prévue sous peu et les discussions avec la Nation crie se poursuivent.
Selon les informations communiquées par la municipalité, tous ces intervenants ont manifesté leur intérêt pour le projet.
Par ailleurs, les travaux de la Table jamésienne de concertation minière montrent depuis plusieurs années que l’orientation du développement minier devrait se faire autour de projets leaders tels que reconnus par les ministères concernés. À cet égard, le projet Nelligan d’IAMGOLD, juste au sud de la ville, a définitivement ce potentiel, tandis que le projet de XXIX Metal Corp, à l’intérieur même des limites de la ville, est celui au plus gros tonnage annuel prévu de cuivre de ceux connus dans la région.
Chapais a par ailleurs informé la Ville de Chibougamau de ses intentions, dans une volonté de transparence et de collaboration régionale. La municipalité souhaite que son projet soit considéré pour ses avantages propres, tout en favorisant une complémentarité entre les communautés jamésienne et crie.
Un projet lié à la revitalisation de Chapais
Pour la municipalité, les enjeux dépassent la seule mise en place d’une infrastructure industrielle. Chapais rappelle avoir perdu plus de la moitié de sa population au cours des dernières décennies et estime que sa situation économique demeure fragile.
Dans ce contexte, le CIM est présenté comme une possibilité de diversifier l’économie locale, de créer de nouvelles occasions de développement et de renforcer la capacité de la municipalité à attirer des activités économiques.
Les retombées dépasseraient par ailleurs les limites de la municipalité. En regroupant au même endroit l’entreposage, le transbordement et le montage d’équipements, le CIM permettrait de mieux organiser le transport minier, de réduire le camionnage sur la route 113 et de soutenir l’ensemble des projets miniers de la région.
Cette vision s’inscrit dans les démarches de développement économique que Chapais a déjà présentées au Gouvernement du Québec. En février 2026, la municipalité avait notamment mis de l’avant son emplacement géographique et la possibilité de développer des infrastructures liées au transport et à la transformation du minerai.
La prochaine étape est une étude de préfaisabilité pour laquelle la Ville a déposé une demande de financement auprès de la Société du Plan Nord, dans le cadre de son programme ÉNIAM. Cette étude portera sur le montage organisationnel du CIM, sur une étude commerciale et logistique et sur l’ingénierie préliminaire du site. La Société du Plan Nord pourrait en financer la moitié.
La municipalité demande que l’analyse des projets repose sur des critères comparables, notamment les besoins auxquels chaque projet répond, sa faisabilité et les retombées attendues pour la région et le Québec, les contributions déjà apportées aux communautés dans un principe d’équité ainsi que leur vitalité économique relative.
Pour l’administration municipale, le projet représente une avenue de développement à long terme. Elle entend poursuivre ses démarches afin que la proposition de Chapais soit examinée en fonction de ses caractéristiques et de sa contribution potentielle à l’économie régionale.
La décision de la Société du Plan Nord et les prochaines étapes de l’analyse permettront de préciser les possibilités de réalisation du projet.


