L’artiste quévillonnaise, Stacy-Ann Oliver, présentera l’exposition inédite Baie-James : l’œuvre inachevée à la Société d’histoire de la Baie-James, du 4 septembre au 16 octobre 2026.
À travers cette exposition mêlant art et patrimoine, l’artiste multidisciplinaire propose une réflexion sur la Baie-James imaginée à l’époque des grands projets et sur celle qui s’est véritablement construite au quotidien, dans les villages, les familles et les communautés.
Le développement de la région a notamment été porté par une volonté d’exploitation des ressources. Des ouvrages comme LG-2 témoignent de cette ambition qui dépassait largement les communautés. L’exposition présente toutefois ce projet comme une œuvre demeurée inachevée, puisque le territoire ne peut se résumer à ce qui avait été planifié. Autour des barrages, des mines et des usines ont émergé de nouveaux milieux de vie.
Travailleurs, enseignants, infirmières, mécaniciens, commerçants, fonctionnaires, bénévoles, artistes et familles ont contribué à façonner ce territoire. Certains ont ouvert des commerces, entretenu des patinoires, organisé des fêtes, pêché sur les lacs, chassé en forêt et créé des habitudes devenues, avec le temps, une manière de vivre propre à la région.
Des portraits tirés des archives de la Société d’histoire de la Baie-James permettront de rappeler la contribution de ces personnes. Certaines ont participé directement aux grands travaux, alors que d’autres ont joué un rôle moins spectaculaire, mais tout aussi essentiel : faire de ce territoire un chez-soi.
Les bernaches occupent également une place centrale dans l’exposition. Elles deviennent un point de rencontre entre différentes cultures et mémoires, entre ceux qui sont venus s’établir sur le territoire et ceux qui y étaient déjà. Pour la nation crie, la niska est profondément liée à la survie, son retour printanier marquant la fin de la disette hivernale et le retour d’une importante source de nourriture. Son vol en formation évoque aussi l’entraide et le partage de l’effort. Pour les Cris comme pour les Jamésiens, les bernaches font partie d’un paysage partagé.
L’exposition rappelle ainsi que la Baie-James est faite à la fois de grands projets et de petites habitudes, de déplacements, de rencontres, de départs et d’enracinements. Si un territoire peut être imaginé par plusieurs, il se construit véritablement par ceux qui y vivent.
Le lancement aura lieu le jeudi 3 septembre 2026, de 17 h à 19 h, selon une formule « 5 à 7 », à la Société d’histoire de la Baie-James, située au 646, 3e Rue, à Chibougamau. Le public pourra y rencontrer Stacy-Ann Oliver et découvrir sa démarche, ses inspirations et son parcours.

