Dans une région où les conditions climatiques peuvent rapidement compliquer le quotidien des personnes sans logement stable, l’accès à un toit prend une importance particulière. À Chibougamau, la Hutte du Nord accueille des hommes confrontés à des difficultés personnelles, familiales ou résidentielles et leur offre un environnement propice à une pause et à une reprise en main.
La Hutte du Nord fait partie du réseau des 20 Maisons Oxygène réparties aux quatre coins du Québec. Ces organismes viennent en aide aux hommes en difficulté et à leurs enfants, notamment en leur offrant temporairement un lieu sécuritaire et adapté à leur situation.
En poste depuis septembre 2025, Martin Paquette, directeur général de la Hutte du Nord, constate une progression des situations d’itinérance et d’errance dans le secteur. « Ça cogne plus aux portes qu’avant. La dernière mise à jour du CRSSS, qui date de novembre 2025, démontre qu’à Chibougamau, on retrouve une centaine d’itinérants visibles et non visibles. On pense qu’uniquement à Chibougamau, 900 personnes risquent, si la situation ne s’améliore pas, de vivre le même sort. Il ne suffit que d’une perte d’emploi, d’une déception amoureuse, de la perte d’un proche ou encore d’une éviction de logement. Un simple coup dur peut faire passer une personne d’une vie rangée à une vie en itinérance », explique-t-il.
Des statistiques qui parlent
Les périodes froides entrainent généralement une hausse de l’achalandage, alors que les personnes sans domicile doivent composer avec des conditions climatiques plus difficiles. En avril 2025, même si les températures commençaient à s’adoucir, la Hutte du Nord affichait un taux d’occupation de 93 % de ses lits. En janvier dernier, le taux atteignait 86 %.
Pour la dernière année financière, qui s’est terminée le 31 mars 2026, l’organisme a comptabilisé 1 662 nuitées, pour un taux d’occupation de 65 %. Ces services ont permis d’accompagner 150 hommes. Lorsque la capacité maximale le permet, jusqu’à 15 personnes peuvent bénéficier d’un hébergement pour une nuit.
« À ces statistiques s’ajoute une soixantaine d’hommes qui bénéficient d’un service externe et qui n’ont pas besoin d’hébergement. Ça peut être, par exemple, une personne qui vient nous parler afin d’obtenir une réorientation vers d’autres services, comme ceux proposés par Emploi-Québec. »
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