L’entente sur l’hydroélectricité de Churchill Falls est une occasion de développement économique pour le secteur minier, mais les infrastructures de transport devront être adaptées, selon l’Association minière du Québec (AMQ).
L’AMQ est porte-parole des entreprises minières en production, en exploration et en transformation, des fournisseurs, institutions et autres partenaires du secteur.
Infrastructures et cadre règlementaire
Pour pleinement tirer profit de cette occasion, fait valoir l’organisation, le Québec devra continuer à améliorer l’ensemble des conditions qui influencent les décisions d’investissement, parmi lesquelles l’efficacité des processus d’autorisation, la disponibilité des infrastructures de transport, l’accès à la main-d’œuvre ainsi que la prévisibilité et l’efficacité du cadre règlementaire.
« Le véritable potentiel de cette entente se mesurera à notre capacité collective de mettre cette énergie propre au service du développement responsable de nos ressources minérales, de la création d’emplois de qualité et du développement des régions du Québec », avance la présidente-directrice générale de l’AMQ, Emmanuelle Toussaint, par voie de communiqué. « Dans un contexte où les gouvernements parlent de sécurité énergétique, d’électrification et de développement économique durable, il est essentiel que cette énergie puisse également soutenir les projets qui contribueront à la prospérité des communautés et à la vitalité économique du Québec. »
Mme Toussaint était présente à l’annonce officielle de l’entente-cadre entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador, aux côtés, notamment, des premiers ministres des provinces, Christine Fréchette et Tony Wakeham, et du premier ministre du Canada, Mark Carney.
Jusqu’en 2077
La nouvelle entente-cadre garantit l’approvisionnement en provenance de Churchill Falls jusqu’en 2077.
Alors que le protocole d’entente de 2024 portait sur un potentiel total de 7 200 mégawatts (MW), l’entente intervenue le 17 aout dernier porte sur plus de plus de 10 000 MW, dont
3 850 MW sont associés au potentiel de projets à l’étude.
L’augmentation de la puissance de Churchill Falls est revue à la hausse et la construction d’une centrale à Gull Island est étudiée; ses opérations se feraient en collaboration avec la Société d’énergie de la Baie-James. Gull Island (à 100 km de Happy Valley-Goose Bay) serait relié à Churchill Falls et à Romaine-4 par des lignes de 735 kilovolts.
Newfoundland and Labrador Hydro dirigera une étude de faisabilité concernant le développement d’un nouveau projet de parc éolien de 2 000 MW à Terre-Neuve-et-Labrador.
Une aide fédérale
L’entente interprovinciale s’inscrit dans la Stratégie nationale d’électrification, annoncée par le gouvernement fédéral en mai dernier. Un de ses objectifs est de doubler la production d’électricité d’ici 2050, notamment par le développement du nucléaire.
Le premier ministre, Mark Carney, a annoncé un plan de financement comprenant jusqu’à 10 milliards de dollars en soutien financier et en investissements pour accroitre la production et le transport d’électricité propre au Labrador.
Le Canada a aussi annoncé le renvoi du projet de corridor d’infrastructures, d’énergie propre et de minéraux critiques de la fosse du Labrador au Bureau des grands projets (pour un examen fédéral coordonné.
Consultation et participation autochtones
Le texte de l’entente de Churchill Falls stipule que le projet est assujetti à « la consultation et à la participation des communautés autochtones, conformément aux lois applicables et aux obligations existantes ».
Cependant, par voie de communiqué le 17 aout, le Secrétariat de la nation innue a signalé que l’entente est survenue alors que le conseil de bande représentant la nation innue des communautés de Uashat et de Mani-Utenam et le Conseil de la nation innue Matimekush-Lac-John poursuivent leurs démarches judiciaires contre le projet de Churchill Falls. Le Secrétariat déplore qu’aucun représentant des communautés n’ait été invité à la signature de l’entente, qui aura des impacts majeurs sur le Nitassinan.
« Toute entente concernant des projets sur notre territoire, le Nitassinan, nécessite notre participation et notre consentement, fait valoir le chef de Matimekush-Lac-John, Pako Vachon. Les erreurs du passé ne doivent pas se répéter. Il est grand temps que nos droits ancestraux et nos titres sur ce territoire soient reconnus et respectés. »


